Didier Raoult a-t-il reconnu s'être trompé sur l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19 ?

Didier Raoult a-t-il reconnu s'être trompé sur l'hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19 ?

CONTROVERSE - L'équipe de l'infectiologue marseillais a reconnu dans une lettre que l'hydroxychloroquine ne fait pas baisser la mortalité, tout en continuant à défendre son traitement. Explications.

Sans aucun doute, le débat sur l'efficacité de l'hydroxychloroquine dans le traitement du coronavirus aura rythmé cette pandémie. Il a refait surface en ce début d'année 2021. Dans une lettre publiée le 4 janvier, l'équipe de Didier Raoult semble reconnaître que le "protocole" testé au sein de IHU Méditerranée Infection pour traiter le coronavirus, n'a pas réduit la mortalité des patients. Alors le fameux anti-inflammatoire a-t-il perdu ses principaux ses défenseurs ? Ce n'est pas si simple.  

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Une seule étude évoquée par Didier Raoult

Le texte est passé inaperçu jusqu'à ce que les réseaux sociaux s'en emparent. Notamment les détracteurs du professeur marseillais. Ce samedi 16 janvier, de nombreux internautes se sont réjouis que Didier Raoult fasse machine arrière à propos de son remède miracle. Tous citent en légende un texte, écrit en anglais, et signé par l'épidémiologiste et son équipe. Un passage en particulier est relevé. On y lit noir sur blanc que "les besoins en oxygénothérapie, les transferts en réanimation et les décès n'ont pas varié de manière significative d'un groupe à l'autre." Ainsi, les auteurs admettent qu'il n'y a aucune différence significative entre les patients traités avec le protocole et les autres. En somme, ce médicament n'empêche pas de mourir du coronavirus. Une conclusion similaire à celle faite par l'OMS il y a maintenant plus de six mois.  Face à ce qui est décrit comme un "revirement" en toute discrétion, les internautes critiquent le chercheur pour avoir "donné de l'espoir aux gens" en vain, d'autres appelant à ce qu'il soit poursuivi pour "escroquerie, diffusion de fausses nouvelles et mise en danger de la vie d"autrui".

"Nous n'avons jamais changé d'avis"

Car pour un bon nombre d'entre eux, ce mea culpa en catimini a été réalisé justement pour échapper à des sanctions à venir. Le professeur "prépare sa défense, peut-on lire ici et là. En réalité, ce n'est pas tout à fait ça. Au contraire, Didier Raoult et ses collègues continuent de défendre leur traitement. Car cette analyse sur la mortalité ne concerne qu'une seule des études réalisées à l'IHU marseillais. Pour tout comprendre il faut revenir en mars 2020. Le professeur Didier Raoult, déjà célèbre dans son domaine mais inconnu du grand public, publie sa première étude dans l'International Journal of Antimicrobial Agents (IJAA), sur l'hydroxychloroquine associée à de l'azithromycine. C'est elle qui ouvrira pour la première fois la controverse sur l'efficacité de ce médicament notamment prescrit contre le lupus. Vivement critiquée, car non randomisée avec très peu de patients, elle compte parmi ses détracteurs le chercheur Carlos Gustavo Wambier. Il demande alors à l'éditeur de publier sa critique. Un texte assassin qui ne sera publiée que le 4 janvier dernier. C'est à ces accusations que répondent Didier Raoult et son équipe. S'ils ont réétudié les données de cet essai, leur aveu ne porte que sur l'impact sur la mortalité. Plus loin, il réaffirme au contraire sa théorie sur la charge virale, qu'il n'a eu cesse de défendre. Dans la phrase suivant celle repérée par des internautes, l'épidémiologiste écrit en effet : "La durée du séjour à l'hôpital et la persistance virale étaient sensiblement plus courtes dans le groupe de patients traités.". Pour lui, son traitement serait donc toujours utile.*

La hache de guerre est donc loin d'être enterrée. Et le ton n'est pas près de s'apaiser. Aussitôt la polémique née,  l'IHU marseillais s'est défendu de tout revirement."La première étude de l'IHU (Gautret et al) n'a jamais tiré de conclusions sur la mortalité mais sur la charge virale", a ainsi tweeté dès dimanche Yanis Roussel, en charge de la communication de l'établissement, rappelant au passage les autres études réalisées par cette équipe sur la mortalité. "Nous maintenons chaque ligne de chacun de nos articles." Un argument martelé. Et repris par Didier Raoult lui-même, qui s'est fendu d'un tweet sur le sujet ce lundi. "L'efficacité de HCQ + AZ pour réduire la durée du portage viral (...) a été confirmée", a-t-il écrit. Et de camper sur ses positions : "Nous n'avons jamais changé d'avis."

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