Un quart des pharmaciens recommandent des doses de paracétamol "dangereuses", selon UFC-Que Choisir

Un quart des pharmaciens recommandent des doses de paracétamol "dangereuses", selon UFC-Que Choisir

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ETUDE - Selon l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, qui a testé 772 pharmacies, un quart des officines proposerait des combinaisons de médicaments impliquant une surdose nocive de paracétamol. Le dosage à ne pas dépasser est de 3 grammes par jour.

Les pharmaciens pointés du doigt par l'UFC Que Choisir. Au terme d'un test réalisé auprès de 772 officines, l'association de consommateurs affirme qu'une sur quatre proposerait des doses nocives de paracétamol aux clients. 


Cette enquête menée en novembre a consisté à acheter dans l'ensemble de ces pharmacies deux médicaments contre le rhume, du Doliprane 1000 mg et de l'Actifed Rhume jour et nuit. Deux médicaments qui contiennent le même principe actif, le paracétamol. 

Avertissement incomplet

L'association reconnaît que, "dans 86% des cas, le dispensateur a bien mis en garde sur les dangers d'une association de ces deux produits". Mais elle reproche aux pharmaciens de ne pas suffisamment alerter sur la surdose qu'implique la prise combinée des deux médicaments. En effet, alors que le dosage maximum recommandé est de 3 grammes de paracétamol par jour, les quatre comprimés quotidiens d'Actifed représentent déjà 2 grammes, laissant peu de marge pour prendre, en plus, un Doliprane. 


Selon l'UFC Que Choisir, "54% des pharmaciens ont conseillé une dose supérieure" à ces 3 grammes, et une officine sur quatre a conseillé ou laissé commander "un traitement aboutissant à des prises supérieures à 4 grammes par jour". Un seuil au-dessus duquel le paracétamol peut être considéré comme nocif, des études ayant montré les risques de lésions au foie et des effets sur les reins et le système cardiovasculaire. 

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Paracétamol : attention aux effets indésirables

"Améliorer le conseil"

"Une pharmacie sur quatre a donné un conseil dangereux, donc on peut largement mieux faire", a affirmé lors d'une conférence de presse téléphonique un spécialiste santé de l'association, Daniel Bideau.


Une situation "complètement insatisfaisante, c'est clair", a reconnu Carine Wolf-Thal, présidente de Conseil de l'Ordre des pharmaciens, auprès de l'AFP. "On se bat chaque jour pour améliorer le conseil. Jusque-là ce n'est qu'incitatif, donc c'est le moment de passer à la vitesse supérieure avec la démarche de certification des officines", a-t-elle estimé. 


L'UFC Que Choisir recommande en outre d'ajouter un encadré spécifique sur l'emballage des médicaments lorsque ceux-ci peuvent être dispensés sans ordonnance. L'an dernier, les Français ont dépensé 2.24 milliards d'euros en médicaments sans ordonnance. 

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