Drames en série : comment le conducteur de Dijon a pu inspirer celui de Nantes

Drames en série : comment le conducteur de Dijon a pu inspirer celui de Nantes

PSYCHOLOGIE – Le 21 décembre, un automobiliste a fauché onze piétons à Dijon. Le lendemain, un homme a foncé en camionnette sur les visiteurs du marché de Noël de Nantes. Les psychiatres évoquent un phénomène d'imitation.

"C'est très classique. Il n'est pas rare que des personnes fragiles prennent pour modèles des affaires médiatiques", souligne pour metronews Michel Bénézech, ancien expert auprès des tribunaux et spécialiste des crimes violents. La succession de fauchages volontaires de piétons à Dijon puis à Nantes est en effet troublante.

L'homme qui a foncé sur les passants du marché de Noël nantais a peut-être voulu imiter ce mode opératoire spectaculaire pour "laisser une trace dans les médias, que sa mort ne soit pas obscure". En tout cas, "dans la littérature médicale et criminelle, le phénomène de contamination des troubles du comportement est bien connu", poursuit Michel Bénézech.

Pas de relation de cause à effet

Toutefois, le psychiatre Michel Debout souligne auprès de metronews qu'il n'existe pas de relation de cause à effet entre les deux affaires : "L'attaque de Dijon n'a pas provoqué celle de Nantes : elle a été un facilitateur du passage à l'acte. C'est comme si le premier geste avait libéré la possibilité du second, mais la personne était déjà dans un état particulier."

Contrairement à l'automobiliste de Dijon, l'homme qui a blessé neuf personnes à Nantes et en a tué une n'était pas connu pour des antécédents psychiatriques. En revanche, les habitants de Berneuil (Charente-Maritime), où il réside, parlent de lui comme de quelqu'un de "peu expansif", "discret" et "solitaire". Et les autorités ont retrouvé dans son véhicule une note où il est question de pensées suicidaires. Le suspect s'est également poignardé après avoir foncé avec sa camionnette sur les passants.

EN SAVOIR + >> Qui est l'homme qui a fauché dix personnes au marché de Noël de Nantes ?

Scénario pas si impulsif

On peut donc supposer qu'il était "dans la rumination de son désespoir, du caractère isolé de son existence", ajoute le professeur Debout. Et que l'acte de Dijon lui a fait choisir ce mode de passage à l'acte. Reste une grande interrogation : l'homme habitait à Berneuil et il a agi à Nantes, à 250 kilomètres de son domicile. "Cette localisation est surprenante." Et laisse penser à un scénario "moins impulsif" qu'on aurait pu le croire.

Autre hypothèse qu'émet le psychiatre spécialiste du suicide : "Prendre le marché de Noël pour cible peut correspondre à une dénonciation de la société marchande." En l'état actuel de l'enquête et sans avoir connaissance du contenu complet de la lettre qu'il a laissée, on ne peut savoir si ce geste est "à dominante suicidaire ou meurtrière". Néanmoins, la procureure de Nantes vient de révéler que la lettre qu'il avait laissée, "décousue", mentionnait sa "haine de la société".

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