Drogues : le ministère de la Santé souhaite pérenniser les salles de shoot

Une employée de la salle de consommation à moindre risque de Strasbourg prépare un kit d'injection.

ADDICTIONS - Suite aux bilans positifs de deux structures expérimentées à Paris et à Strasbourg depuis 2016, le ministère de la Santé a exprimé vendredi 4 juin sa volonté d'autoriser durablement l'existence de salles de consommation à moindre risque pour les toxicomanes.

À la suite des expérimentations positives menées à Paris et Strasbourg, le ministère de la Santé a annoncé vendredi 4 juin vouloir pérenniser les salles de consommations à moindre risque dans le droit commun, pour "laisser la possibilité aux communes d'ouvrir de nouvelles salles", alors que le dispositif devait prendre fin en 2022.

Initiées pour la première fois à Paris en 2016, et à Strasbourg en 2019, les salles de consommation à moindre risque, appelées de manière péjorative "salle de shoot", permettent à des centaines d'usagers de drogues de s'injecter de l'héroïne et d'autres opiacés avec du matériel stérile, et dans une moindre mesure depuis fin 2019 de fumer du crack dans un environnement sécurisé.

Baisse du nombre d'overdoses

"Le dispositif porte ses fruits", a ajouté le ministère pour justifier sa décision. Selon, Marie Jauffret-Roustide, sociologue à l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui a coordonné une étude publiée en mai 2021 sur le sujet, "les salles de Paris et Strasbourg montrent les mêmes résultats qu’ailleurs dans le monde : elles diminuent les pratiques d’injection à risque, le nombre d’injections dans l’espace public, le risque d’overdoses, le risque d’aller aux urgences et la probabilité de commettre des délits.”

Selon le rapport de l'INSERM, la probabilité d'avoir une pratique d'injection risquée, susceptible de transmettre le VIH ou l'hépatite C, est 10% inférieure pour les usagers des salles, par rapport aux toxicomanes qui n'y ont pas accès. Celle de faire une overdose est également réduite (-2%), et le risque de s'injecter le produit en extérieur (-15%) et de finir aux urgences (-24%) baissent aussi de manière significative. Ceux qui ont accès à une salle commettent enfin moins de délits. Enfin, l’évaluation, qui inclut les avis de la police et des riverains, conclut également à “une absence de détérioration de la tranquillité publique” depuis l’implantation des structures.

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C'est donc pour renouveler ce dispositif qui devait prendre fin en 2022 et permettre à d'autres salles de voir le jour que cette décision a été communiquée par le ministère. Cette pérennisation n'est toutefois pas encore actée, le sujet doit encore être arbitré prochainement par le Premier ministre Jean Castex.

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