Soledad, dyslexique : "je lis 10 fois plus lentement que les autres"

Soledad, dyslexique : "je lis 10 fois plus lentement que les autres"

TEMOIGNAGE – A 22 ans, Soledad souffre de dyslexie et de dysorthographie depuis qu’elle est enfant. Aujourd’hui, elle raconte son quotidien à LCI.

LCI : Comment a été posé le diagnostic ?

Soledad : Quand j’étais à l’école primaire, ma mère a donné l’alerte à mon instituteur. Elle a évoqué avec lui mon retard de lecture et d’écriture. Ils ont donc décidé de me faire faire des tests afin de dépister une possible dyslexie. J’ai vu ensuite un médecin et, surtout, un orthophoniste pour m'aider et m'accompagner. Par la suite, j'ai aussi eu des rendez-vous avec un psychologue.

Lire aussi

    LCI : Comment s’est déroulée votre scolarité ?

    Je suis allée jusqu'au bac et après j'ai commencé des études manuelles dans la couture. Pendant toute ma scolarité, j'ai eu d'importantes difficultés en lecture et en écriture ainsi que des mauvaises notes. Pour m'aider,  je bénéficiais de tiers-temps  pour les examens et il y avait une secrétaire qui écrivait pour moi. J'ai été suivie par un orthophoniste du CP au Bac.

    Après, j'ai commencé des études de couture. Ma dyslexie me pénalisait surtout pour lire les consignes, je ne comprenais pas toujours exactement ce que l'on attendait de moi. Si j'avais eu envie de faire des études littéraires, ça aurait été plus compliqué !

    LCI : Et maintenant, vous n'avez plus d'accompagnement ?

    Non, j'ai arrêté les séances avec l'orthophoniste à 18 ans. Ces rendez-vous prenaient beaucoup de temps et étaient très fatiguants.

    LCI : Quel est l'impact de la dyslexie dans votre vie quotidienne  ?

    Aujourd'hui encore, la dyslexie représente un handicap dans ma vie. C'est toujours une épreuve quand je dois remplir des dossiers administratifs, envoyer des mails ou écrire des lettres. Dès fois, je fais même écrire des mails à mon frère à ma place. Tout cela me fatigue beaucoup et tout me demande beaucoup plus de temps et d'énergie que les autres personnes. Vous savez, je mets même 10 fois plus de temps pour lire que les autres. A 18 ans, j'avais le niveau de lecture d'un enfant de CM2.

    LCI : Est-ce que la dyslexie nuit aussi à votre vie de mère ?

    Mon fils n'a que 18 mois et déjà la dyslexie me pénalise pour certaines choses. Par exemple, pour la lecture de l'histoire du soir. Je ne peux pas juste ouvrir un livre et lui lire. Je bute sur les mots, je déchiffre les phrases, à la fin ça ne ressemble plus à une histoire. Mais j'ai trouvé une astuce : j'invente l'histoire ! Et comme il est petit il ne se rend pas compte et ça ne le dérange pas. Mais pour l'avenir, il va falloir que je trouve d'autres solutions. A l'âge où il va falloir l'aider pour ses devoirs les choses vont se compliquer. Je verrais ça sur le moment.

    Lire aussi

      VIDEO - Un simulateur pour comprendre ce que voit un dyslexique en lisant

      En vidéo

      Un simulateur pour comprendre ce que voit un dyslexique en lisant

      Sur le même sujet

      Les articles les plus lus

      REVIVEZ - Interview d’Eric Zemmour sur LCI : retrouvez nos vérifications

      EN DIRECT - Sans le nommer, Emmanuel Macron critique Eric Zemmour sur les prénoms

      Pneus hiver ou chaînes obligatoires : voici la carte des départements concernés

      Éric Zemmour sur LCI : nous avons vérifié 6 de ses déclarations

      Pénuries de carburant : les prix montent et le Royaume-Uni appelle l'armée à se tenir prête

      Lire et commenter
      LE SAVIEZ-VOUS ?

      Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

      Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.