Ebola : où en est-on de la recherche de traitements ?

Ebola : où en est-on de la recherche de traitements ?

ÉPIDÉMIE – Alors que l'épidémie d'Ebola progresse encore, où en est la recherche concernant la mise au point d'un traitement ? Metronews fait le point.

Sur son site, l'Organisation mondiale de la santé, se montre clair : " aucun traitement disponible n’a pour l’instant fait ses preuves contre la maladie à virus Ebola". Ce qui ne veut pas dire, surtout en ces temps d'épidémie galopante, que les chercheurs ne sont pas à l'ouvrage. "Toute une gamme de traitements potentiels, y compris des produits sanguins, des thérapies immunitaires et des traitements médicamenteux sont en cours d’évaluation", explique l'OMS.

Un simple antigrippal pour soigner Ebola ?

Des traitements originellement utilisés pour d'autres virus, comme le Lavimudine, destiné à contrer le Sida , ou le Favipiravir, un antigrippal, sont en cours d'expérimentation dans le combat contre Ebola. "Les frontières sont poreuses", explique à metronews Didier Raoult, directeur de l'unité de recherche sur les maladies infectieuses et tropicales émergentes (Urmite) à la faculté de Marseille. Les virus peuvent se ressembler et donc se combattre de manière similaire. Cela va même plus loin : "Par exemple, on a récemment découvert que l'Ivermectin, le meilleur traitement anti-poux, fonctionne sur les parasites mais aussi sur les virus et les bactéries."

À situation d'urgence, réponse spécifique : "Quand il y a une épidémie, toutes les audaces sont permises, appuie Didier Raoult. Jusqu'à récemment les protocoles dit 'compassionnels' étaient la seule façon de contrer les maladies infectieuses : c'était ça ou mourir." D'autant que les solutions traditionnelles sont en échec. Autrement dit, suivre des essais cliniques est trop coûteux et surtout trop long.

Faire du sang de l'infirmière MSF un médicament

Reste que, dans tous les cas, la science manque de recul . Dans le cas du traitement du sida appliqué à Ebola, "nous disposons du seul témoignage du médecin libérien", rappelle Bernadette Murgue, directrice adjointe de l'Institut de microbiologie et des maladies infectieuses (IMMI). Quant au traitement contre la grippe, il existe des données chez la souris, mais rien ne permet de conclure que c'est ce traitement qui est la raison de la survie.

Idem pour ceux développés spécifiquement pour Ebola, comme le Zmapp et le TKM-Ebola. "Étant donné le très petit nombre de patients ayant bénéficié de ces traitements, les stades différents de la maladie auxquels ils ont été administrés, nous n'avons pas de vision globale", déplore la directrice adjointe de l'IMMI. Sans compter que "les infrastructures et les moyens des pays du Nord majorent les chances de guérison" par rapport aux conditions en Afrique.

Autre piste à l'étude : mettre en place une hémofiltration du sang de l'infirmière française de MSF guérie, c'est-à-dire récupérer ses anticorps et en faire une sorte de médicament . Mais avant de se lancer, nuance Bernadette Murgue, "reste encore à vérifier à quel moment les anticorps apparaissent et contrecarrent l'affection". Les données restent donc parcellaires.

EN SAVOIR + >> La France contaminée dans vingt jours ?

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