Cécité des neiges, œdèmes cérébral... : que risque-t-on à très haute altitude et comment s'en prémunir ?

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INTERVIEW - Une alpiniste française a été secourue dans l'Himalaya dimanche, atteinte de gelures et de cécité des neiges. Mais quels maux peut-on développer à une si haute altitude ? Peut-on s'entraîner pour ne pas être sujet au mal des montagnes ? LCI a posé la question à un médecin de l'hôpital de Briançon.

Ce dimanche, l'alpiniste française Elisabeth Revol a été secourue dans la partie pakistanaise de l’Himalaya, surnommée la "montagne tueuse". En revanche, les sauveteurs n’ont pas pu prendre en charge son compagnon de cordée, l'alpiniste polonais Tomasz Mackiewicz. Elisabeth Revol souffre de gelures. Tomasz Mackiewicz, lui, n'a pu être secouru, notamment parce qu'il était affaibli par une "cécité des neiges". Pourquoi de telles pathologies se développent-elles à haute altitude ? Comment s’en prémunir ? LCI a interrogé Yann Fillet, chef du service des urgences, SMUR, secours en montagne de l’hôpital de Briançon.

LCI : Quels sont les symptômes du mal des montagnes ?

Yann Fillet : Le mal aigu des montagnes apparaît plus on monte en altitude, lorsque la concentration en oxygène se fait moins importante. Si on monte trop vite, plusieurs symptômes peuvent apparaître : mal au crâne, essoufflement, puis ça passe lorsqu’on redescend un peu. Mais si on monte trop haut trop vite, des œdèmes pulmonaires d’altitude - similaires à ceux qu’ont les personne âgées en insuffisance cardiaque - peuvent apparaître mais aussi des œdèmes cérébraux qui entraînent mal de crâne, troubles des fonctions supérieures et peuvent aller jusqu’au trauma.

LCI : Peut-on s'entraîner pour ne pas ressentir le mal des montagnes ?

Yann Fillet : Oui, on peut s’entraîner. Les gens n’ont pas tous la même sensibilité : ceux qui sont entraînés peuvent malgré tout développer le mal des montagnes, alors que des personnes qui ne sont pas entraînées peuvent ne pas y être sujettes…. Mais c’est entraînable et acclimatable. En revanche le mal est multi-paramétrique. Un alpiniste qui d’ordinaire n’est pas sujet au mal des montagnes peut l'être un autre jour car il sera plus fatigué, parce que quelque chose entraînera une mauvaise oxygénation de son organisme.

LCI : Qu'est-ce que la cécité des neiges, qu'a développée l'alpiniste Tomasz Mackiewicz?

Yann Fillet : L’ophtalmie des neiges est douloureuse mais bénigne. Il s’agit d’une brûlure de la cornée provoquée par la réverbération du soleil sur la neige. On en guérit à l’aide de collyres cicatrisants et c'est sans séquelle. Mais il faut souvent rester les yeux fermés, donc c’est très invalidant lorsqu’on est coincé à 8.000 mètres d’altitude et que l’on doit redescendre.

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