Emer Cooke, directrice de l'EMA et "apothicaire de l'Europe", donne le feu vert à AstraZeneca

Emer Cooke, directrice de l'EMA et "apothicaire de l'Europe", donne le feu vert à AstraZeneca

ASTRAZENECA - Toute l'Europe était suspendue à ses lèvres. Directrice exécutive de l'Agence européenne du médicament, l'Irlandaise Emer Cooke vient de donner le feu vert à la reprise du vaccin AstraZeneca, suspendu en rafales par plusieurs pays dont la France ces derniers jours.

Le vaccin AstraZeneca est "sûr et efficace". Elle doit certainement avoir l'impression de se répéter, mais qu'importe. L'Allemagne, la France et un bataillon de pays de l'UE ne voulaient pas reprendre la vaccination avec AstraZeneca sans le feu vert de l'Agence européenne du médicament. Qu'importent le rapport bénéfices-risques positif présenté par le vaccin, la directrice exécutive du régulateur Emer Cooke était attendue au tournant, jeudi 18 mars.

Après que la multiplication des cas de thromboses chez des patients qui avaient reçu AstraZeneca avait conduit des pays par dizaines à suspendre son utilisation, son verdict était attendu avec fébrilité dans la plupart des capitales européennes. L'enjeu était de taille : faire le point sur les connaissances scientifiques autour du lien éventuel entre le vaccin et ces caillots bien gênants pour la bonne tenue de la campagne vaccinale. Jusque-là, Emer Cooke, une sommité dans le monde de la règlementation pharmaceutique, n'avait guère été placée sous les projecteurs.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Du lobbying à l'EMA en passant par l'OMS

Diplômée en Pharmacie au Trinity College de Dublin, Emer Cooke a débuté par une carrière dans le privé, dans l'industrie pharmaceutique irlandaise. Elle a ensuite été conseillère pharmaceutique auprès de l'autorité de réglementation de son pays, avant de rejoindre l'association européenne de l'industrie pharmaceutique à Bruxelles (EFPIA) en 1991. C'est une fédération d'associations et de compagnies pharmaceutiques européennes, qui veille sur leurs intérêts auprès de la Commission.

Après 7 ans au département des affaires scientifiques et réglementaires de l'EFPIA, Emer Cooke passe de l'autre côté en 1998, et rejoint la Commission européenne en assumant la direction de son département pharmaceutique pour quatre ans. C'est en 2002 qu'elle intègre l'Agence européenne du médicament. Après un intermède à l'OMS à partir de 2016, elle revient à l'EMA pour en prendre la tête en novembre dernier, au terme du processus de déménagement de l'institution de Londres à Amsterdam, Brexit oblige. 

Emre Cooke devient, à la veille de la plus grande opération de vaccination de tous les temps, celle que d'aucuns surnomment "l'apothicaire de l'Europe". Elle avait déjà essuyé une première tempête en décembre dernier, alors que l'avis de l'agence était attendu pour le vaccin Pfizer, et que le Royaume-Uni était passé outre

Un curriculum vitae impressionnant et très complet

À 59 ans, l'Irlandaise est surtout une experte en réglementation pharmaceutique, qu'elle a pratiqué depuis 30 ans sur les deux rives, dans le privé d'abord, puis auprès des institutions.

Mais pour Ellen ‘t Hoen, chercheuse à l'université de Groningen, son passage par l'OMS est particulièrement précieux pour son poste actuel, puisqu'elle a eu à échanger avec l'ensemble des agences du médicament nationales. La scientifique va plus loin en détectant chez Emer Cooke la préoccupation absolue du public, "par la tête et par le cœur". "Elle se préoccupe réellement de l'accès du public à des médicaments sains", ajoute-t-elle. 

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Emer Cooke est la première femme à diriger l'Agence européenne du médicament, dont elle a pris la tête en pleine tempête épidémique en novembre 2020, et surtout juste avant le début des campagnes vaccinales européennes. L'Europe découvre aujourd'hui le visage de cette experte en pharmacie, qui a rendu aujourd'hui l'avis le plus décisif de sa carrière.

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