En 2020, le Covid-19 n'a-t-il représenté que 2% des hospitalisations en France ?

Les données avancées par Martin Blachier proviennent d'un rapport très fiable établi par l'Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH).

DONNÉES HOSPITALIÈRES - L'année 2020, bouleversée par le Covid, a été marquée par les tensions répétées sur notre système de santé. Pour autant, il s'avère que seuls 2% des hospitalisations ont été imputables au virus. Des chiffres fiables qui s'expliquent par plusieurs facteurs.

Inédite, l'épidémie de Covid-19 a constitué dès l'origine un défi pour le personnel soignant, confronté à plusieurs vagues de contamination. Si les blouses blanches se sont trouvées sous tension de longs mois durant, le caractère singulier de cette situation se traduit-il dans les données relatives à l'activité hospitalière ? Pas nécessairement, si l'on en croit le consultant en santé publique Martin Blachier. En effet, seuls 2% des hospitalisations enregistrées en 2020 seraient imputables au virus. 

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Surprenant au premier abord, ce chiffre se révèle tout à fait fiable puisque communiqué par une agence publique en charge de la collecte et de l'analyse des données des établissements de santé. Il convient toutefois de se pencher sur une série d'autres indicateurs, plus à même de refléter l'impact de la crise sanitaire sur le système de santé français.

Des analyses annuelles de l’activité hospitalière

Outre les 2% évoqués plus haut, Martin Blachier a aussi noté qu'en 2020, les patients Covid ont représenté 5% de l’ensemble des patients pris en charge par les services de soins critiques. Des chiffres qui ne sortent pas de nulle part puisqu'ils sont tirés des analyses annuelles de l'activité hospitalière réalisées par l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH). Cette dernière se décrit comme "un établissement public de l’État à caractère administratif placé sous la tutelle des ministres chargés de la santé, des affaires sociales et de la sécurité sociale". Elle collecte et analyse des données de santé et vient de publier une synthèse relative aux "prises en charge hospitalières de la Covid-19 en 2020".

C'est à ce document de 26 pages que se réfère Martin Blachier, où figurent bien les éléments qu'il mentionne. Des chiffres fiables, donc, auxquels on peut notamment ajouter celui du total des hospitalisations relatives au virus : 217.974. En apparence, au regard de l'activité hospitalière globale, ces données peuvent paraître négligeables et surtout assez déconnectées des messages relayés par les professionnels de santé. D'où l'intérêt de se plonger plus en détail dans ce rapport et de rappeler quelques éléments de compréhension. 

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Des chiffres à remettre dans leur contexte

Tout d'abord, avant de livrer une quelconque analyse des chiffres, il convient de garder en mémoire que l'épidémie n'a réellement pris de l'ampleur en France qu'à partir de la mi-mars 2020. Au 15 mars, seules 285 personnes étaient prises en charge dans un service de réanimation, contre 7.000 au maximum de la première vague. De même, notons que l'été (juillet et août) fut assez calme, avec un recul notable de l'épidémie suite au confinement. Durant un peu plus de 4 mois, plus d'un tiers de l'année, les hôpitaux n'ont ainsi pas été confrontés à un afflux massif de malades.

Autre aspect à souligner : la longueur des séjours dus au Covid. De deux semaines en moyenne à plus de trois en fonction de la gravité des cas et des services dans lesquels étaient admis les patients. Des prises en charge plus longues que celles observées d'ordinaire pour la grippe, note le rapport de l'ATIH. Ajoutons d'ailleurs qu'"une journée d’hospitalisation en service de réanimation sur cinq" fut l'an passé "consacrée à la prise en charge du Covid". Et que les décès associés à l'épidémie interpellent : si le virus a concerné 2% des hospitalisations, on lui doit 12% des décès survenus à l'hôpital, et 16% de ceux déplorés dans les services de réanimation.

Mesurer le nombre d'hospitalisations relatives au virus par rapport à l'activité globale des hôpitaux présente par ailleurs quelques limites. Durant les pics de la crise sanitaire, les tensions les plus importantes ont en effet été observées dans les services de soins critiques et de réanimation. Contrairement à des patients admis pour des fractures bénignes, des brûlures superficielles ou des opérations de routine, la prise en charge des personnes atteintes par le SARS-CoV-2 a nécessité des moyens humains et matériels lourds. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'un des indicateurs les plus suivis les deux premières vagues était le taux d'occupation des lits de réanimation. 

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