Rentrée scolaire sous Covid : "Réduire la propagation du virus à l'école peut passer par l'obligation vaccinale"

Rentrée scolaire sous Covid : "Réduire la propagation du virus à l'école peut passer par l'obligation vaccinale"

INTERVIEW - Pour cette rentrée scolaire, le Pr Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale de Genève, plaide pour renforcer les mesures de protection contre le Covid-19 dans les écoles. Vaccination, aération, dépistage... Il détaille ses recommandations à LCI.

La situation sanitaire s'améliore en France. Après un pic à plus de 23.000 contaminations fin juillet, le nombre de cas quotidiens est désormais inférieur à 20.000 en moyenne, et la tendance à la baisse se poursuit. Mais un événement pourrait changer la donne : la rentrée scolaire. Selon plusieurs professionnels de santé, le retour des élèves en classe pourrait provoquer un brassage inédit de population depuis deux mois. Une situation d'autant plus à risque qu'un adolescent sur trois (12-17 ans) n'a pas encore reçu la moindre injection de vaccin, et que cette protection n'est pas encore autorisée chez les moins de 12 ans.

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Dès lors, plusieurs scientifiques mettent en garde. C'est notamment le cas du Pr Antoine Flahault, directeur de l'Institut de santé globale de Genève. Sur Twitter, il a notamment indiqué que les enfants allaient "être au cœur des enjeux de cette rentrée", et préconise plusieurs mesures pour éviter de "faire face à une vague aussi difficile à contrôler qu'en Israël, même avec 70% de la population vaccinée". Quelles sont-elles ? Le Pr Flahault répond à LCI.

Pourquoi craignez-vous que les enfants deviennent le carburant de l'épidémie en cette rentrée ?

Aujourd'hui, plus de 72% de la population française est vaccinée avec au moins une dose. Une très grande majorité d'adultes éligibles à la vaccination est en grande partie protégée de la transmission et encore plus des formes graves. En revanche, les enfants de moins de 12 ans et une partie des 12-17 ans ne sont pas du tout protégés. Les enfants non-immunisés représentent donc un réservoir où peut se développer le virus presque sans limites si aucune barrière n'est mise.

La protection des écoles peut passer par la vaccination obligatoire : beaucoup le sont déjà avant d'aller à l'école...- Pr Antoine Flahault

Justement, quelles mesures préconisez-vous pour éviter un rebond épidémique provoqué par la rentrée ?

Il n'existe pas de solution miracle, mais les risques peuvent être réduits. Je propose quatre mesures. D'abord, nous devons éviter que les adultes apportent eux-mêmes le virus à l'école. Il faut donc vacciner ceux au contact des élèves, ainsi que les enfants au-delà de 12 ans. Cela peut passer par un pass sanitaire ou par la vaccination obligatoire. Il faut également bien ventiler les salles en ouvrant les fenêtres, à l'aide de capteurs de CO2, et en purifiant l'air dans les cantines, où les masques ne peuvent être portés. Je recommande aussi le port du masque à tout âge, en milieu intérieur. Enfin, nous devons dépister les élèves de manière répétée grâce aux tests salivaires.

La mise en place d'un pass sanitaire pour les plus de 12 ans à l'école ou une vaccination obligatoire risqueraient de créer de fortes tensions...

L'école est un droit fondamental de l'enfant, il faut donc réduire le plus possible les risques de propagation du virus. D'un point de vue scientifique, tous ceux qui peuvent être vaccinés doivent l'être. D'un point de vue politique, cela nécessite de réfléchir à la façon d'appliquer une préconisation scientifique, qui est d'avoir la couverture vaccinale la plus élevée chez les personnes de plus de 14 ans. À mon avis, cela peut passer par l'obligation vaccinale. Le pass sanitaire est une autre façon politique d'imposer la vaccination ou la négativité d'un test de dépistage. Notons que beaucoup d'autres vaccins sont obligatoires avant d'aller à l'école...

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Le protocole de la rentrée présenté par le ministre de l'Éducation nationale Jean-Michel Blanquer ne reprend pas vos propositions. Est-il suffisant pour éviter un rebond épidémique ?

Je l'espère. Plus les mesures s'additionnent, plus le risque est réduit. Si toutes les mesures ne sont pas appliquées - il n'y aura par exemple pas de pass sanitaire - quelques poignées de classes fermeront à cause de cas de Covid-19. Mais l'enjeu de cette rentrée est que l'école soit suffisamment sécurisée pour ne pas entraîner une nouvelle vague qui viendrait submerger le système de soins. Globalement, la France a l'un des protocoles les plus sécurisés d'Europe. L'usage étendu du pass sanitaire a montré son efficacité. En outre, au niveau de l'école, il y a une prise de conscience avec l'installation dans certains territoires de purificateurs d'air. À mon sens, le protocole n'est pas complet, c'est pour cela que je propose d'autres mesures, mais va dans la bonne voie.

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