"Au fil des jours, l'espoir s'éloigne" : des Nigérians "abandonnés" à Wuhan appellent leurs dirigeants à l'aide

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DÉSESPOIR - Ils sont plus d'une cinquantaine, bloqués à Wuhan, épicentre de l'épidémie de coronavirus : s'estimant "abandonnés", des ressortissants nigérians implorent leurs dirigeants de les aider, sinon de les évacuer. Sans succès pour l'instant.

Des centaines d'habitants ont été évacués de Wuhan. Mais pas eux. Alors que le foyer de l'épidémie de coronavirus est coupé du monde depuis maintenant trois semaines, des citoyens nigérians demandent de l'aide. Sur Twitter, puis dans un article publié sur le site de CNN ce jeudi 13 février, ils implorent le gouvernement de leur porter secours. Des appels pour le moment restés lettre morte.

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Une subvention... et puis rien

La chaîne américaine partage le témoignage de Victor Vincent. Étudiant, il vit désormais dans un campus déserté. Tous ses voisins d'origine étrangère sont rentrés dans leur pays. La semaine dernière, ce sont ceux du dessus, venus de Myanmar, qui lui ont dit au revoir. Ils n'étaient pas venus les mains vides. "Ils m'ont donné leurs légumes frais, ils n'en auront plus besoin." 

Membre de l'Association des étudiants nigérians de Wuhan, il a tenté d'alerter son gouvernement. D'abord pour demander à être évacué, puis pour réclamer du matériel médical, tel que des masques, des lunettes, des gants ou du désinfectant. Si le jeune homme confie avoir reçu, jeudi dernier, une subvention de 20.000 yuans (2639 euros), de la part de l'ambassadeur de son pays pour aider son association, cela ne suffit pas. Certes, l'argent va l'"aider à acheter des denrées alimentaires et des fournitures médicales", mais quid de la suite ? 

Je ne comprends pas comment d'autres pays peuvent prendre soin de leurs citoyens mais pas le nôtre- Victor Vincent, étudiant nigérian bloqué à Wuhan

"La situation reste la même", regrette celui qui est arrivé à Wuhan en septembre 2018. "Nous n'avons toujours pas d'indication claire quant au moment où nous serons évacués, et s'il y aura une mise en quarantaine. On ne sait même pas si ça se produira." L'infime optimisme a laissé place au désarroi. Face au "manque total de soutien", le jeune homme se décourage. "Au fil des jours, l'espoir d'être évacué s'éloigne."

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Comme Victor Vincent, qui avoue ne pas comprendre "comment d'autres pays peuvent prendre soin de leurs citoyens mais pas le [sien]", 72 Nigérians sont "pris au piège à Wuhan", épicentre de l'épidémie, selon une association. Parmi eux, Deji Idowu. Homme d'affaires, il vit dans la ville chinoise depuis plus d'une décennie. Enfermé dans son appartement avec ses deux jeunes enfants, ne quittant ses quatre murs que pour se rendre au supermarché local, il a lui aussi tenté d'attirer l'attention de son président. En vain.

L'homme émet une hypothèse quant à la frilosité apparente de son gouvernement à agir, se demandant si le douloureux souvenir d'Ebola, qui a fait 11.300 victimes, ne serait pas encore ancré dans l'esprit de ses dirigeants. Lui-même l'admet : la nouvelle épidémie doit "les faire paniquer".

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