Une 5e vague de Covid-19 "fulgurante" : est-ce vraiment le cas en France ?

Une 5e vague "fulgurante" : de quoi parle-t-on ?

COMPARAISON - À l'instar de ses voisins européens, la France connaît à nouveau une explosion des cas de Covid-19 au cours de ce mois de novembre. Mais comment cette 5e vague, décrite comme "fulgurante" par Gabriel Attal, évolue-t-elle par rapport aux précédentes ?

“Cette 5e vague commence de façon fulgurante”, alertait ce dimanche Gabriel Attal. Avec près de 20.000 nouveaux cas de contaminations dimanche, la tendance se confirme en France, où la nouvelle flambée de Covid-19 a mis plus de temps à se confirmer que chez de nombreux voisins européens. 

Pour comprendre l'ampleur du phénomène, nous avons comparé ces chiffres avec ceux des vagues précédentes en France. Tout en tenant compte d'une différence importante : le taux de vaccination, relativement élevé dans notre pays par rapport aux précédentes vagues. Il y a un an, lors de la flambée de l'automne 2020, la vaccination n'avait d'ailleurs pas commencé. 

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La France touchée par une cinquième vague de Covid-19

À quel rythme évolue la 5e vague par rapport aux autres?

Le taux d’incidence, c’est-à-dire le nombre de contaminations pour 100.000 personnes en une semaine, est actuellement à plus de 170 après avoir dépassé la fameuse barre des 100 la semaine dernière. En 2020, un tel taux avait été atteint dès le mois d'octobre, déclenchant un confinement le 31 octobre. Mais il fallait alors compter avec un pic à 500 contaminations pour 100.000 habitants, un record. Jamais de tels chiffres n’ont été atteints depuis lors.

Reste que l’évolution des taux d’incidence entre les différentes vagues, représentée sur le graphique ci-dessous, paraît similaire. En France, aujourd’hui, le seuil d’alerte est dépassé dans tous les départements métropolitains, et c’est en Ardèche qu’il est le plus élevé avec 358 cas pour 100.000 habitants.

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Une décorrélation entre contaminations et hospitalisations

Pour mieux comprendre l’évolution des vagues, il faut observer l’écart entre le nombre de contaminations et celui des hospitalisations. Or, pour la première fois depuis le début de l’épidémie, on observe une décorrélation entre les deux courbes : les cas flambent, mais il en résulte pour l'heure peu d’arrivées à l'hôpital. Car ce qui change entre les premières et dernières vagues de coronavirus, c’est bien l’arrivée des vaccins qui permettent de réduire les formes graves.

Avec 86% de Français de 18 ans et plus entièrement vaccinés - plus de 50 millions -, et 91% ayant reçu une première dose, l'Hexagone fait office de bon élève et cela se ressent dans les couloirs des CHU.

Actuellement, plus de 8.000 personnes sont toujours hospitalisées dont 1.339 en soins critiques. En 2020, à la même période, les centres hospitaliers comptaient plus de 30.000 patients dont environ 5.000 cas en réanimation. Au moment de la 3e vague, ils étaient un peu moins, entre 20.000 et 30.000 patients quotidiens. Et la baisse a continué par la suite : au plus haut de la 4e vague, pendant l’été 2021, la France comptait un peu plus de 11.000 patients.

Mais attention : cette décorrélation semble assez ténue pour l’épidémiologiste Antoine Flahault, invité ce lundi midi sur LCI. Pour le professeur, il vaut mieux parler de “décalage”, avec le risque d'un effet retardé de quelques semaines. “Si l’on regarde la courbe de la 4e vague, on voit ce même décalage. On dénombrait plus de 100 décès par jour au moment du pic quand aujourd’hui, il y a une trentaine de décès par jour. Pourtant, on est à peu près au même niveau d’incidence et nous ne sommes pas encore arrivés au pic de la 5e vague.”

Le patron de l'AP-HP (Assistance publique - Hôpitaux de Paris) Martin Hirsch donne même, ce lundi, une date. Les conséquences de l'épidémie, si "elles doivent se produire", ne seraient pas attendues avant "fin décembre ou en janvier"

Un questionnement autour des tests

Un autre élément incite à la prudence. Parmi les différences notables avec les autres vagues, le nombre de tests quotidiens a baissé de près de 40% depuis la mi-octobre, date à laquelle les dépistages dits "de conforts" sont devenus payants. Ce qui pourrait laisser craindre une sous-interprétation de la vague actuelle.

Pour autant, ce point ne semble pas alarmer les scientifiques interrogés. La baisse a surtout concerné les personnes non vaccinées asymptomatiques. Celles qui étaient susceptibles de recevoir un résultat positif, notamment après avoir ressenti des symptômes évocateurs du Covid, ont continué à se faire tester. 

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La vaccination reste insuffisante

Par ailleurs, même si la France fait figure de bon élève, 6 millions de personnes ne sont toujours pas vaccinées, dont une part non négligeable de publics prioritaires. Parmi eux, plus de 15% des plus de 80 ans, considérés comme plus fragiles, n'ont toujours pas reçu leurs deux injections nécessaires. D'autres repoussent encore leur dose de rappel malgré les préconisations scientifiques de plus en plus pressantes. Cette population pourrait être la première cible du virus et remplir les salles de réanimations entre l'automne et l'hiver. 

Dans un avis paru ce 19 novembre, le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale rappelle d'ailleurs qu'une personne non vaccinée a trois plus de chance d'être hospitalisée et quatre fois plus de chance de développer une forme grave, qu'une personne avec un schéma vaccinal complet. Et ce, alors que les hôpitaux sont déjà sous tension, affectés par d’autres pathologies saisonnières, comme la bronchiolite ou la grippe infantile.

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