Épilepsie : un cerveau virtuel pour mieux comprendre la maladie

Santé
MÉDECINE DE PRÉCISION – Des chercheurs français ont mis au point un cerveau virtuel, personnalisable selon les profils des patients. L’objectif : améliorer la prise en charge et les techniques de chirurgie.

Une nouvelle avancée dans la compréhension de l’épilepsie et un nouvel espoir pour les plus de 500.000 Français concernés. Des chercheurs français ont réussi à créer un cerveau virtuel. L’objectif ? Reconstituer celui du patient atteint d’épilepsie en fonction de son profil. Une innovation qui devrait aider à mieux appréhender les crises et aider les médecins à préparer les opérations chirurgicales lorsqu’elles sont nécessaires.

Une maladie complexe


Le défi majeur dans la prise en charge de l’épilepsie est qu’elle n’affecte pas les personnes de la même façon. "Les moyens de comprendre les mécanismes de cette pathologie sont peu nombreux et relèvent surtout de l'interprétation visuelle d'un IRM et d'un électroencéphalogramme ", peut-on lire dans un communiqué du CNRS. Autre difficulté pour les médecins : près de la moitié des patients "ne présentent pas d’anomalie visible à l’IRM" laissant le doute planer sur l’origine de la maladie. D’où l’intérêt du nouvel outil développé par les chercheurs du CNRS, de l’Inserm, de l’Université Aix-Marseille et de l’AP-HM.

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Les scientifiques ont ainsi créé un cerveau virtuel basique adaptable en fonction des données des patients. Les médecins pourront ainsi ajouter les informations personnelles du patient, dont l’emplacement exact des zones par exemple. A l’aide de formules mathématiques, ils pourront recréer l’activité cérébrale afin d’identifier le lieu d’initiation des crises d’épilepsie et leur mode de propagation. De quoi élaborer un diagnostic propre à chacun.

Améliorer la précision des chirurgies

Ce cerveau virtuel permettra aussi d’améliorer les chirurgies, seul moyen de soulager les personnes épileptiques qui ne répondent pas aux médicaments. Avec une carte plus précise du cerveau à disposition, le chirurgien pourra opérer plus efficacement, sans être trop invasif. En amont, "il pourra préparer l’opération en testant différents gestes possibles, en voyant lequel est le plus efficace et quelles sont ses conséquences", précise l’étude publiée dans la revue Neuroimage. Des essais cliniques sont actuellement en cours.

A plus long terme, les chercheurs espèrent pouvoir adapter cette technologie à d’autres affections du cerveau comme c’est le cas d’Alzheimer, de l’AVC ou de la sclérose en plaques.

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