Epuisés par la pandémie, 40% des infirmiers veulent changer de métier

Des infirmières de l'hôpital Valenciennes, avril 2021. Image d'illustration

EPUISEMENT - Ils sont de plus en plus nombreux à y songer, selon une enquête de l'Ordre des infirmiers. La conséquence directe d’un épuisement professionnel et d'un sentiment de lassitude liés à des mois d'engagement dans la lutte contre la maladie du Covid-19.

Première, deuxième, troisième vague... Ils sont en première ligne, ne comptant pas leurs heures, confrontés à la mort en permanence. La crise sanitaire a mis en lumière des conditions de travail difficiles du personnel hospitalier. Les heures de travail qui s’accumulent, la colère face au manque de moyens, le manque de reconnaissance et des salries trop bas. Quatre infirmiers sur dix affirment que la crise sanitaire due au Covid-19 "leur a donné envie de changer de métier", selon une large consultation menée par l'Ordre des infirmiers, qui souhaite donner à la profession "des perspectives pour l'avenir".

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Une profession jugée "ingrate" par 64% des infirmiers

La crainte d'une vague de départs chez ces soignants n'est pas infondée. Sondés en ligne entre le 30 avril et le 5 mai, plus de 30.000 infirmiers - soit 4% des professionnels en exercice - ont confirmé la lassitude des "héros en blouse blanche". Non seulement 40% disent que "la crise leur a donné envie de changer de métier", mais 51% considèrent que leur métier "ne permet pas de connaître de véritables évolutions et perspectives de carrière". Surtout, la quasi-totalité - 90% - jugent que leur profession n'est "pas reconnue à sa juste valeur au sein du système de santé" et 64% estiment qu'elle "est "ingrate".

Les infirmiers et infirmières pensent aussi à la quasi-unanimité (92%) que "la crise sanitaire a démontré qu'il faut revoir (leur) rôle et (leurs) attributions". De même, pour 90% d'entre eux, cela passe à court terme par une révision de leur décret de compétences - inchangé depuis 2004 - avec par exemple davantage de prérogatives en matière de prévention et d'éducation thérapeutique. À plus long terme, ils sont également 92% à souhaiter "devenir acteurs de la coordination, de la gestion du parcours du patient et de son orientation".

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Pour le président de l'Ordre des infirmiers, Patrick Chamboredon, ces résultats sont le signe que le "Ségur de la santé", malgré ses hausses de salaires, "n'a pas permis jusqu'à présent de dessiner les contours de la profession infirmière de demain, en lui donnant des perspectives pour l'avenir". L'Ordre annonce donc dans un communiqué "le lancement d'une démarche de réflexion collective et de prospective sur l'avenir de la profession à 10 ans", sans plus de détail à ce stade. Avec l'espoir de susciter des vocations.

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