Et si on transplantait des organes de cochon sur des humains ?

Santé
DON D'ORGANES - Transplanter des organes de cochons sur des humains. C'est l'idée d'une start-up américaine pour faire face à la pénurie de dons d'organes. Chaque année, près d'un millier de personnes meurent en France, faute d'avoir pu recevoir une greffe à temps.

On dit bien que tout est bon dans le cochon, non ? Trêve de plaisanterie, le sujet est bien trop gave. A l'heure actuelle, près de 19.000 personnes attendent une greffe d'organe en France. Chaque année, près d'un millier de personnes meurent faut d'avoir pu en recevoir une à temps. Et pour cause : si environ 85% des Français disent qu'ils sont d'accord pour donner leurs organes, au moment du décès, les médecins font face dans 40% des cas à un refus.

Le laboratoire américain United Therapeutics s'est lancée il y a quelques années dans la xénotransplantation, c’est-à-dire la greffe à partir de donneurs animaux. Malgré deux tentatives pour greffer un foie de cochon puis un cœur, qui ont échoué par le passé, ayant conduit au décès des patients – ce qui d'ailleurs valu aux médecins d'être accusés d'assassinat – le potentiel de la biotechnologie autorise aujourd'hui tous les fantasmes.

D'après le laboratoire, cette technologie pourrait aider à répondre à la pénurie de don d'organes (théoriquement) d'ici quatre ans. Le hic ? La transplantation inter-espèces entraîne une réaction puissante du système immunitaire chez le receveur, et les immunosuppresseurs (des médicaments utilisés lors d'une greffe, qui agissent en réduisant l'activité du système immunitaire) semblent alors inefficaces

Fabriquer des organes, "comme sur une chaîne de montage"

Mais alors pourquoi du cochon ? D'abord, parce que les cochons représentent une source presque illimitée. Ensuite, parce que la taille de leurs organes est idéale. Une équipe de scientifiques de Revivcor, l'un des départements de ce grand laboratoire américain, a modifié biologiquement des cochons afin que leurs organes grandissent comme ceux d'un être humain . Début 2000, un autre chercheur a découvert le moyen de supprimer un sucre présent dans l'organisme des porcs qui déclenchait un rejet chez le receveur. Autrement dit, les recherches avancent rapidement.

"Nous voulons fabriquer des organes, comme sur une chaîne de montage, avec une cadence de douze organes par jour", a déclaré Martine Rothblatt, fondateur et co-président de United Therapeutics. De quoi assurer une offre illimitée d'organes transplantables. En juin, un article scientifique publié en ligne rapportait comment les scientifiques sont parvenus à greffé un rein de porc chez un babouin, utilisé en tant que substitut d'un être humain), qui a survécu 136 jours. En outre, un cœur de porc transplanté chez un babouin a fonctionné pendant deux ans et demi. La prochaine étape, une greffe de poumon. Si cela fonctionne, les chercheurs espèrent qu'ils pourront mener la prochaine greffe inter-espèce sur un humain d'ici quelques années.

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