États-Unis : Molly, née il y a un mois, "conçue" il y a 27 ans

États-Unis : Molly, née il y a un mois, "conçue" il y a 27 ans

FÉCONDATION - Un embryon congelé en 1992, a finalement été implanté en février dernier dans l’utérus d'une Américaine, qui a donné naissance il y a quelques jours à Molly. Un tel délai entre la "conception" de l'embryon et la naissance d'un enfant n'était jamais arrivé.

Molly Gibson ne sait rien du "record mondial" qu'elle incarne. Mais celui-ci est bien réel et emmène la médecine aux confins de ce qu’elle sait. La petite fille née il y a quelques jours dans l'État du Tennessee aux États-Unis est issue d'un embryon congelé il y a... 27 ans. Un délai inédit.

La naissance de Molly a été rendue possible grâce à des embryons surnuméraires issus de couples ayant eu recours à des fécondations in vitro. Ceux-ci avaient été congelés pour d’éventuelles naissances ultérieures. Lorsqu’un couple renonce à transférer ces embryons, souvent parce qu’il estime avoir assez d’enfants, il peut les laisser à la disposition d’un transfert vers des tierces personnes.

Embryons surnuméraires

Tina Gibson est institutrice dans une école de Knoxville, dans le Tennessee. L’infertilité de son mari Benjamin était diagnostiquée, et le couple s’était résolu à adopter un enfant, avant d’entendre parler de cette technique d’implantation. Ainsi, en 2017, Tina et Benjamin ont eu une première petite fille, Emma, dont l’embryon avait été congelé 24 ans plus tôt. C'était déjà un record à l'époque, que vient donc de battre sa petite sœur Molly.

Dans le cas de Tina et Benjamin Gibson, c’est un institut spécialisé de leur ville qui leur a donné cette opportunité. Il s’agit en l'occurrence d’un organisme, qui recueille depuis plus de deux décennies, et dans tout le pays, ces embryons non choisis lors de fécondations in vitro. Le "Centre national de don d'embryons" de Knoxville présente ce processus comme une "adoption", une dénomination qui n’est pas étrangère à la nature confessionnelle de cet organisme.

Cet embryon et moi, on aurait pu être copines !- Tina Gibson, mère d'Emma et Molly

Les Gibson ont ainsi "adopté", il y a trois ans, les cinq embryons d’un couple, congelés en 1992. Ils ignoraient d’ailleurs ce point, n’ayant choisi que sur des critères génétiques. C’est seulement au moment du transfert de l’embryon de la future Emma, que Tina Gibson a appris depuis quand il était congelé. “Vous réalisez que je n’ai que 25 ans ?”, avait-elle réagi, “cet embryon et moi nous aurions pu être copines ! ".  

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Pour l’heure, les scientifiques divergent quant aux risques encourus à mener à terme des embryons aussi anciens. En France par exemple, les embryons ne sont pas conservés au-delà de cinq ans, suivant la loi de bioéthique. Un parcours d’accompagnement balise le processus de renoncement du couple donneur, et celui du couple qui “accueille l’embryon”, selon l’expression retenue par les services d’assistance médicale à la procréation. 

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