Manger trop de plats industriels augmente le risque de cancer

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SANTÉ - Une étude publiée jeudi 15 février démontre que manger des plats industriels augmente le risque d'être atteint d'un cancer.

Pizza surgelée, brioche industrielles, viandes transformées, boissons sucrées... Tous ces aliments augmentent le risque d'être atteint d'un cancer pour ceux qui les consomment. C'est le résultat d'une enquête menée auprès de 105.000 personnes en France, et publiée jeudi 15 février dans le British Medical Journal. D'après les chercheurs, les "aliments ultratransformés" "contiennent en effet souvent des quantités plus élevées en lipides, lipides saturés, sucres et sels ajoutés, ainsi qu'une plus faible densité en fibres et vitamines".

 "Une augmentation de 10% de la proportion d'aliments ultratransformés dans le régime alimentaire s'est révélée être associée à une augmentation de plus de 10% des risques de développer un cancer (...) et un cancer du sein en particulier" a résumé l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui a financé l'étude avec d'autres institutions publiques françaises.


Pour le cancer, ce risque est accru de 6 à 18%, et pour le cancer du sein spécifiquement, de 2 à 22%. Les "graisses et sauces ultratransformées et les produits et boissons sucrées" étaient en cause globalement, et pour le cancer du sein, les chercheurs accusaient "les produits sucrés ultratransformés". 

108 cancers mortels ont touché les participants à l'étude

Sur la période et la population étudiée, les scientifiques ont fait état de 2.228 cas de cancer, dont 108 mortels et 739 cancers du sein. Les chercheurs pensent que ce qui provoque ces cancers est "la qualité nutritionnelle généralement plus faible" de ces produits, trop gras, trop caloriques et/ou trop salés, et la "vaste gamme d'additifs" qu'ils contiennent. Par ailleurs, "la transformation des aliments et en particulier leur cuisson produisent des contaminants nouvellement formés" et leur emballage plastique peut contenir du bisphénol A, un perturbateur endocrinien. 


Mais la revue britannique dans laquelle a été publiée l'enquête précise que cette observation "mérite une exploration attentive et plus poussée". D'autres facteurs peuvent entrer en jeu car "par exemple le tabagisme et une activité physique faible étaient bien plus répandus chez les participants qui consommaient une plus grande proportion d'aliments ultratransformés".


L'industrie agroalimentaire estime, de son côté, que cette étude n'est "pas scientifique" et le "lien de causalité n'est pas démontré", a estimé vendredi la directrice générale de l'Association nationale des industries agroalimentaires (Ania) auprès de l'AFP.

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