Étude : on peut savoir quelle méthode vous aidera le mieux à arrêter de fumer

Santé
CIGARETTE – Peut-être que, bientôt, une simple prise de sang permettra de savoir si le patch nicotinique ou le médicament Champix est la solution la plus adaptée pour vous permettre d'arrêter de fumer.

Le tabac tue un fumeur régulier sur deux et fait perdre vingt à vingt-cinq ans d'espérance de vie, rappelle la Haute Autorité de santé publique (HAS). Ainsi, chaque année, en France, le tabagisme actif est responsable de 73.000 décès prématurés, souligne l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (INPES).

Assimilation de la nicotine

D'où l'importance de faire le point sur les méthodes de sevrage tabagique efficaces. Or une étude publiée dans le journal The Lancet Respiratory Medicine révèle que, suivant la vitesse à laquelle votre organisme métabolise la nicotine, c'est-à-dire l'assimile, on peut savoir quel traitement vous conviendra le mieux.

Si vous êtes un "métaboliseur normal", comme 60% des fumeurs, le niveau de nicotine dans votre corps baisse vite et vous avez tendance à fumer plus pour compenser le manque. Dans ce cas, selon les chercheurs, le médicament commercialisé en France sous le nom de Champix (qui contient de la varénicline et non de la nicotine) permet, associé à un suivi comportemental, 2,17 fois plus que le patch d'arrêter la cigarette au terme des onze semaines de traitement.

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Optimiser le taux de sevrage

En revanche, si vous êtes un "métaboliseur lent", mieux vaut vous tourner vers le patch nicotinique (sans oublier le suivi relationnel et médical), qui sera tout aussi efficace que le Champix mais dont les effets secondaires sont moindres. D'autant que, par rapport au groupe-test auquel était administré un placebo, les "métaboliseurs lents" reportaient plus d'effets indésirables sous varénicline que les "métaboliseurs normaux".

Selon la docteure Rachel Tyndale, co-auteur de l'article et responsable de pharmacogénétique au Centre d'addiction et de santé mentale de l'université de Toronto, au Canada, cette stratégie permettrait d'"optimiser le taux de sevrage chez tous les fumeurs tout en minimisant les effets indésirables". D'autant que "le développement d'un test sanguin mesurant la vitesse de métabolisation de la nicotine est faisable".

Pas de médicament pour tous

Des conclusions très encourageantes, selon le professeur Michel Lejoyeux, psychiatre spécialiste des addictions. "L'idée d'un produit qui fonctionne pour tout le monde est une douce utopie, rappelle-t-il à metronews. Il n'y a pas un tabagisme, mais des tabagismes. J'espère que cela aboutira à une évolution des autorisations de mise sur le marché, avec des critères d'indication préférentiels. Ce serait plus pertinent que de prescrire à tout le monde le même médicament, efficace seulement une fois sur quatre."

Pourtant, si l'efficacité supérieure du Champix était avérée au terme des onze semaines de traitement et six mois après, les chercheurs n'ont pas constaté ce même lien entre traitement et métabolisation de la nicotine au bout de douze mois. Cela n'empêche pas le professeur Lejoyeux de soutenir ce type de recherche : "Tout ce qui va, même sur le court terme, permettre d'améliorer le suivi des patients addicts est formidable. On ne dénigre pas les chimiothérapies qui permettent de gagner quelques mois de qualité de vie."

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