156 députés dont 122 de LREM mettent la pression sur le gouvernement pour une nouvelle loi sur la fin de vie

Santé

EUTHANASIE - Dans une tribune publiée ce mercredi dans "Le Monde", 156 députés appellent à lancer une réflexion sur la fin de vie. Pour eux, la dernière loi en vigueur, votée pendant le quinquennat Hollande, ne va pas assez loin.

Plus du quart de la représentation nationale, dont 122 députés étiquetés LREM-MoDem, ont demandé ce mercredi, dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, à pourvoir légiférer en faveur de l'euthanasie en 2018 afin de "donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps". 

Les premiers signataires rassemblent notamment la présidente de la commission des lois Yaël Braun-Pivet (LREM), le chef de file des députés PS Olivier Faure, l'ex-Premier ministre Manuel Valls ou encore le vice-président de l'Assemblée Yves Jégo (UDI/Agir).

"Sortir de l'hypocrisie"

"Le choix de la personne doit pouvoir être respecté, quand il est libre, éclairé, soumis à nulle contrainte ou dépression, exprimé de façon réitérée, et que des médecins ont confirmé l'impasse thérapeutique", disent les députés dans cette tribune, dont Jean-Louis Touraine, député LREM du Rhône, est "à l'initiative". Comme le notent nos confrères du Monde, "les députés élus en juin 2017 n’avaient (jamais) si massivement pris position en faveur d’une évolution de la législation."

Appelant à "sortir de l'hypocrisie", les signataires rappellent que "89% des Français considèrent important de légaliser l'euthanasie et/ou le suicide assisté". "De nombreux Français en phase avancée d'une maladie incurable vont également chercher - et obtenir - la délivrance dans l'un ou l'autre des pays ayant déjà légiféré sur cette possibilité", disent-ils.

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"Un malade en fin de vie, dans une "impasse thérapeutique", peut obtenir une aide à mourir dans les hôpitaux français", soulignent-ils. "Ces euthanasies sont pratiquées en toute illégalité. D'après l'Ined, entre 2000 et 4000 personnes reçoivent cette aide chaque année dans notre pays", peut-on lire dans cette tribune.

"Il en va aujourd'hui de cette question comme il en allait de l'IVG au début des années 1970", ajoutent-ils, appelant à "sortir de l'hypocrisie qui prive certains d'une aide souhaitée et qui impose à tous une agonie pénible". "C'est pourquoi nous, députés issus d'horizons différents, proposons de légiférer en ce sens au cours de l'année 2018", concluent les signataires de la tribune.

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