Faites-vous partie des nombreux Français qui souffrent d'insuffisance cardiaque mais l'ignorent ?

Faites-vous partie des nombreux Français qui souffrent d'insuffisance cardiaque mais l'ignorent ?

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SANTÉ - L'insuffisance cardiaque, qui se caractérise par un débit sanguin trop faible pour satisfaire les besoins de l'organisme, touche plus d'un million de personnes et fait chaque année 70.000 victimes en France. La Société française de cardiologie lance ce mercredi une campagne pour une meilleure anticipation et prise en charge de la maladie.

Toutes les sept minutes, un Français décède d’insuffisance cardiaque. Face à cette réalité, le groupe Insuffisance cardiaque et cardiomyopathies (GICC) de la Société française de cardiologie (SFC) a décidé de lancer ce mercredi une campagne d'information à destination du grand public, des patients et des soignants. En effet, selon deux études menées par le groupe, la méconnaissance des symptômes de la maladie et de leur lien avec l’insuffisance cardiaque serait la principale responsable de cette importante mortalité.

Des symptômes non reconnus ou négligés

D'après la première étude du GICC menée auprès de 5.000 Français, seule "la douleur à la poitrine" est identifiée de façon majoritaire (72%) comme une alerte à une maladie cardiovasculaire. L’essoufflement ne serait reconnu qu’à 44% comme un symptôme, "la fatigue sans raison" à moins de 25%. Enfin, seules 6% des personnes interrogées reliraient à l’insuffisance cardiaque les œdèmes et la prise de poids, "qui sont des signes cliniques fondamentaux", précise le GICC.


La seconde étude, réalisée au printemps 2018 auprès de 1.000 patients ayant subi une hospitalisation pour décompensation cardiaque, démontre que ceux-ci n'ont pas reconnu ou négligé les premiers signes de leur maladie avant d’avoir été pris en charge. Ils sont pourtant 80% a avoir été pris d’essoufflement, de gonflement (œdèmes) des membres, de prise de poids et de fatigue, plusieurs jours avant leur hospitalisation, voire plusieurs mois pour 31% d’entre eux. Pourtant, seulement un tiers a consulté son médecin le mois précédant son hospitalisation.


Ces hospitalisations se font donc la plupart du temps en dernière minute, entraînant la mort de 8% des patients soignés pour cette pathologie. "Ces patients, lors de leur hospitalisation, sont pris en charge à 43 % dans les services d'urgence déjà surchargés, et, à 22 % par des unités spécialisées en soins intensifs de cardiologie ou de réanimation."

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Et alors que la récidive guette les victimes d'insuffisance cardiaque, moins de la moitié (43%) affirment avoir été informées de leur état par l’équipe médicale, affirme le GICC. Près d’un patient sur quatre pense avoir en fait été atteint d’insuffisance respiratoire. "En effet, le diagnostic 'd’œdème pulmonaire', une des complications de l’insuffisance cardiaque, est le diagnostic le plus souvent formulé lors d’une hospitalisation", indique le groupe dans un communiqué. L'une des raisons qui peut expliquer que 40% des patients insuffisants cardiaques décèdent 2 ans après leur hospitalisation.

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Une maladie qui peut toucher tout un chacun

En France, plus d'un million de personnes souffrent d'insuffisance cardiaque. Pourtant, seule une sur deux serait diagnostiquée. La maladie se caractérise par une faiblesse de la pompe cardiaque, qui n'est plus capable d'assurer un débit sanguin suffisant pour satisfaire les besoins de l'organisme. Elle peut toucher tout un chacun, même si les personnes âgées sont les plus vulnérables.

Sur son site internet, la Fédération française de cardiologie rappelle que le premier symptôme qui intervient généralement est l'essoufflement. "D'abord une difficulté à respirer [...] ressentie comme un simple inconfort respiratoire, puis un véritable essoufflement à l'effort, qui peut s'aggraver en se manifestant même au repos." Vient ensuite la fatigue, "ressentie même pour un petit effort." "Le gonflement de certaines parties du corps (foie, veines du cou, jambes), gorgées d'œdèmes, est le troisième signe alarmant. Enfin, une prise de poids importante et rapide de l'ordre d'un kilo par jour est un signe particulièrement alarmant, qui traduit une poussée d'insuffisance cardiaque", complète la Fédération. Dans le cas de la survenue de ces symptômes, n'hésitez pas à contacter votre médecin traitant ou votre cardiologue, voire, en cas de manifestation aiguë, à appeler le Samu (15).

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