Femmes enceintes exposées aux perturbateurs endocriniens : comment s’en prémunir ?

Santé

INQUIÉTANT – Des traces de polluants environnementaux ont été retrouvées chez toutes les femmes enceintes en France sur une année, selon une étude publiée par Santé Publique France. Problème : ils sont soupçonnés de favoriser les maladies hormonales chez leurs enfants à naître. Voici comment limiter les risques pour bébé.

Pesticides, phtalates ou bisphénol A…. les femmes enceintes et leurs bébés sont particulièrement vulnérables à ces substances nocives. Mais voilà, une recherche publiée ce mercredi 7 décembre révèle des traces de perturbateurs endocriniens chez toutes les femmes qui attendaient un bébé en 2011. Or, ils sont soupçonnés de perturber le système hormonal et donc la grossesse (prématurité, malformations congénitales…). Mais aussi d’impacter la santé du bébé à naître en augmentant le risque de cancers, de retard psychomoteur et même d’infertilité à l’âge adulte.

L’étude de Santé Publique France est la première de cette ampleur à être menée sur le sujet. En tout, les scientifiques ont récolté des échantillons d’urine de 4.150 Françaises ayant accouchées en métropole sur l’année 2011. Leur objectif : déterminer l’exposition des femmes enceintes aux polluants présents dans l’environnement et les quantifier.  

99,6% d’entre elles présentent des traces de phtalates

Le premier tome de ce rapport révèle des données plutôt inquiétantes. "Le bisphénol A, les phtalates, les pyréthrinoïdes (famille d'insecticides), les dioxines, les furanes, les PCB, les retardateurs de flamme et les composés perfluorés sont mesurés à des niveaux de concentrations quantifiables chez près de la totalité des femmes enceintes", détaille l'agence mandatée par le ministère de la Santé pour réaliser cette étude.

Dans le détail, 99,6% d’entre elles présentent des traces de phtalates (emballage alimentaire, cosmétique, peintures…). De plus, du bisphénol A a été retrouvé chez 70% des femmes enceintes. Cette substance utilisée dans la fabrication de certains plastiques est d’ailleurs partiellement interdite depuis 2010. D’autres polluants comme les dioxines, les furanes et les polychlorobiphényles (PCB) sont totalement interdits mais persistent très longtemps dans l’environnement. 

Quelques conseils à appliquer au quotidien

Pour l’instant, il n’existe pas de législation sur les perturbateurs endocriniens. Récemment, une centaine de chercheurs ont dénoncé dans une tribune la loi du silence imposée par les industriels. Malgré ça, Santé Publique France, anciennement l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), recommande de ne pas dépasser le seuil de 700 ng/g de lipides. Au-delà, le risque serait non négligeable. 

Mais comment limiter son exposition ? L’Association Alerte Médecins sur les pesticides donne des conseils aux futures mamans et aux jeunes parents :

1. Préférer les récipients en verre plutôt qu’en plastique, surtout si le plat est réchauffé au micro-ondes. 

2. Eviter les poêles en téflon.

3. Privilégier les aliments frais et bio pour limiter l’exposition aux pesticides. 

4. Limiter l’utilisation des cosmétiques pendant la grossesse et l’allaitement. Egalement, il est recommandé de ne pas se teindre les cheveux et de ne pas se parfumer.

5. Après avoir acheté des objets ou vêtements pour bébé, pensez bien à les laver. 

6. Bannir les insecticides et herbicides des jardins et des maisons.

7. Limiter les produits d’entretien au strict minimum. Ils peuvent d'ailleurs facilement se remplacer et à moindre coût par du vinaigre blanc , du bicarbonate de sodium ou du savon noir.

Et pour cause, de la salle de bain au jardin en passant par la cuisine, les perturbateurs sont absolument partout. 

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