Fermé en 2016, l'hôpital du Val-de-Grâce est-il depuis "laissé à l'abandon" ?

L'hôpital va être transformé dans les années à venir.

RECONVERSION - Hôpital parisien bien connu, le Val-de-Grâce n'accueille plus de patients depuis 2016. Si certains ont plaidé pour sa réouverture avec le Covid, Emmanuel Macron a annoncé que le site allait subir de vastes transformations.

Mis à mal depuis plus d'un an par l'ampleur de l'épidémie de Covid-19, le système hospitalier reste sous tension. Face à la crise sanitaire, la question des moyens accordés à la santé a logiquement été posée, tandis que des voix s'élèvent pour mettre en cause des orientations politiques observées ces dernières années. Parmi les sujets sensibles, on note par exemple le nombre de lits, parfois jugé insuffisant pour faire face à l'afflux de patients.

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Sur les réseaux sociaux, le cas d'un emblématique hôpital parisien a suscité de vives réactions ces derniers jours. Des milliers d'internautes ont relayé une photo du Val-de-Grâce, hôpital militaire aux "380 lits", mais désormais "fermé" et "laissé à l'abandon". S'il est exact qu'aucun patient n'y est désormais accueilli, le site n'a pas vocation à devenir une friche : un projet d'aménagement a ainsi été présenté par Emmanuel Macron.

Un projet de campus entériné

En octobre 2014, Jean-Yves Le Drian annonçait la fermeture programmée de l’hôpital d’instruction des armées du Val-de-Grâce. Alors ministre de la Défense au sein du gouvernement Ayrault, il précisait que les activités médicales seraient progressivement déplacées vers d'autres établissements de région parisienne. Plusieurs pistes étaient alors envisagées et l'on pressentait que les vastes locaux, situés dans le prestigieux Ve arrondissement de Paris, pourraient être vendus. 

Le 30 juin 2016, les activités hospitalières ont pris fin sur le site, mais parler d'abandon semble quelque peu exagéré. Le matériel médical a bien été vidé, mais les locaux sont loin d'être désertés. Plusieurs centaines de militaires y sont en effet logés, dans le cadre de l'opération Sentinelle notamment. En parallèle, "certaines zones de l'ancien hôpital sont plus ou moins utilisées comme débarras", notait il y a un an Yves Buisson, membre de l'Académie nationale de médecine.

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Propriété du ministère des Armées, le site n'est donc aujourd'hui pas totalement délaissé et devrait surtout être transformé au cours de la décennie. Début décembre, alors que les spéculations allaient bon train concernant l'avenir du Val-de-Grâce, Emmanuel Macron a annoncé le lancement d'un important projet dédié à la santé numérique. Le président de la République a ainsi confirmé que l'avenir du site passerait par la mise en place de "Paris Santé Campus", un centre public-privé censé structurer une filière de recherche numérique dans le secteur de la santé, via le recours entre autres à l'intelligence artificielle.

À terme, ce lieu doit rassembler des experts issus de multiples organismes et agences : Inserm, CNRS, AP-HP, Agence du Numérique du ministère de la Santé, Paris Sciences et Lettres, INRIA, Health Data Hub, Sanofi, Dassault Systèmes, France Biotech... Ainsi que des start-up. Budget global estimé ? Environ 400 millions d'euros, à moitié issus de fonds publics, tandis que la gestion devrait être confiée à un concessionnaire. Des travaux seront nécessaires, si bien que cette entité sera créée dans un premier temps, avant de déménager au Val-de-Grâce une fois la réhabilitation des lieux effectuée, à l'horizon 2028. 

Un lieu très convoité

Le choix d'abandonner l'activité médicale du Val-de-Grâce a été en partie justifiée en 2014 par des raisons de budget. "Il aurait fallu engager 700 millions d'euros afin de le remettre aux normes de sécurité, pour une utilité militaire pas forcément justifiée", glissait alors au Figaro un représentant du ministère. "Nous ne supprimons pas de capacités hospitalières, c'est seulement un changement d'adresse dans deux hôpitaux qui sont aux meilleurs standards", renchérissait Jean-Yves le Drian. 

Bien que symbolique, cette fermeture n'a pas modifié en profondeur l'organisation du système de santé dans la capitale. Ses 330 à 350 lits ont certes été fermés, mais LCI rappelait qu'entre 2003 et 2017, ce sont 69.000 lits qui ont été supprimés à l'échelle du territoire. Des chiffres assumés par le ministère de la Santé, qui s'explique par un large développement des prises en charge en ambulatoire, et qui doivent être étudiés avec attention. Si les lits de courts et longs séjours ont été largement concernés ces suppressions, les unités de soins de suite et de réadaptation ont pour leur part vu leurs moyens et leurs capacités renforcées.

Depuis la fermeture du Val-de-Grâce, divers acteurs se sont mobilisés afin de proposer une utilisation du site. Président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan a estimé à tort début avril que "le Val-de-Grâce est en parfait état et pourrait être ouvert en deux mois". Avant lui, le député LFI Eric Coquerel souhaitait lui aussi une réouverture, tandis que la maire de Paris Anne Hidalgo suggérait que l'on puisse utiliser l'ancien hôpital dans le cadre de la crise sanitaire. Une hypothèse rapidement écartée par les autorités.

Avant même le Covid, le Val-de-Grâce faisait parler de lui : le 30 décembre 2017, l’association Droit au Logement (DAL) a lancé une opération surprise : près de 150 personnes ont pénétré dans la cour du bâtiment afin de demander que des sans-abri puissent y être logés. En tant que chef des armées, Emmanuel Macron était sommé par les militants de mettre à disposition les locaux, l'hiver rendant plus difficile encore la vie des personnes sans domicile fixe. 

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