FFP2, chirurgical, en tissu, fait maison... quel est le bon masque face aux variants du Covid ?

Dans un train ou dans un magasin, les Bavarois portent obligatoirement un masque FFP2 depuis ce lundi. Face à l'arrivée des variants plus contagieux, les autorités le privilégient. Faut-il le rendre obligatoire ? Qu'en est-il du modèle en tissu ?

CONSEILS - La diffusion progressive en France de variants du coronavirus, plus contagieux, a ravivé les interrogations autour du niveau de protection des masques. D'autant que le seul critère filtration ne suffit pas. Voici comment s'y retrouver.

La contagiosité accrue des variants du Covid-19 va-t-elle nous pousser à changer de masque ? Saisi par la Direction générale de la santé (DGS), pour une révision complète des outils de protection de la population face au virus, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) s'est prononcé sur cette question ce lundi recommandant d'éviter certains modèles. 

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Et contrairement aux idées reçues, les nouvelles recommandations ne vont tout à fait pas dans le sens de celles prises à l'étranger, comme en Allemagne ou en Autriche. Chirurgical, en tissu, FFP2... tous les masques n'offrent pas le même degré de filtration. Mais ce critère n'est, selon toute vraisemblance, pas le seul à faire pencher la balance. 

Quels sont les masques qui restent recommandés ?

"La quasi-totalité des masques industriels" en tissu reste valable contre le Covid-19 après de nouvelles recommandations du Haut conseil de la santé publique (HCSP), a résumé mardi le ministre de la Santé, Olivier Véran sur France Inter.  "Restent valides tous les masques dont le pouvoir filtrant est supérieur à 90%", a-t-il détaillé, évoquant ce "qu'on appelle les masques grand public de niveau 1", notamment prônés en usage professionnel, et en particulier pour les personnels en contact avec le public.

"Les masques en tissu de catégorie 1, fournis par les industriels, validés par la direction générale des armées, en termes de performance, sont aussi efficaces que les masques chirurgicaux", avait de son côté assuré dès lundi Didier Lepelletier, coprésident du groupe de travail Covid-19 du HCSP. Le médecin hygiéniste et de santé publique avait même qualifié de "bonne chose en cette période" le fait de "porter un masque en tissu réutilisable de catégorie 1". 

Le masque chirurgical, qui est un dispositif médical contrairement aux masques en tissu, reste bien entendu recommandé et demeure même le plus adapté à la population générale. Constitué de deux couches non-tissées et d'une couche filtrante, il est économique et à jeter, une fois le délai de quatre heures recommandé écoulé. Pour rappel, il en existe plusieurs types à savoir le type I doté d'une efficacité de filtration bactérienne (pour les bactéries d'une taille moyenne de 3 micromètres) supérieure à 95%, le type II doté d'une efficacité de 98% et le type IIR qui est résistant aux éclaboussures.

Quels sont ceux qu'il faut éviter ?

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Vrai-faux : les masques en tissu moins efficaces ?

Présenté comme une bonne alternative en début de crise car lavable et donc économique, le masque artisanal ou "fait maison" est désormais déconseillé. "Le masque artisanal qu'on fabrique chez soi avec la meilleure intention du monde, en respectant les normes Afnor, (...) n'offre pas nécessairement toutes les garanties nécessaires", pour le Haut conseil de la santé publique, a déclaré ce mardi Olivier Véran.  Pourquoi ? "Il n'y a aucun contrôle sur leur performance qui est réalisé" indique Didier Lepelletier. 

Outre ceux fabriqués de façon artisanale, les autres filtres en tissu à éviter, selon le Haut conseil de la santé publique sont les masques industriels dits "de catégorie 2" qui "filtrent un petit peu moins bien", indique Didier Lepelletier. Pour rappel, selon les normes élaborées par l'Association française de normalisation (Afnor) les masques de catégorie 1 filtrent 90% des particules, tandis que ceux de catégorie 2 n'en bloquent que 70%. Mais avec la propagation des nouveaux variants, cette efficacité pourrait être moindre. En tout état de cause, la catégorie doit figurer sur "l'emballage ou la notice d'information", rappelle l'Afnor sur son site internet.

A noter tout de même que ces masques peuvent être commercialisés sans aucune homologation par un organisme tiers, même si une norme NF Masques Barrières par l'AFNOR peut être sollicitée par les fabricants.

Le FFP2, plus filtrant mais souvent mal porté

Les masques FFP2 (pour Filtering Facepiece Particule), s'avèrent êtres les filtres anti-Covid les plus puissants (94%) avec une durée de protection contre l'inhalation à la fois de gouttelettes et de particules en suspension dans l'air estimée entre 3 et 8 heures. En revanche, le port de ce type de protection, plus contraignant (inconfort thermique, résistance respiratoire), "n'est pas forcément une bonne chose parce qu'on ne pourra pas contrôler" dans la population générale  qu'ils sont "bien portés" et "adaptés à la morphologie du visage", a expliqué lundi Didier Lepelletier. Le praticien, co-président du groupe de travail permanent Covid-19 au HCSP, estime que 30 % des professionnels "porteraient mal" cette catégorie de masque. A l'instar des masques chirurgicaux, il existe trois catégories de masques FFP, à efficacité variable (FFP1, FFP2 et FFP3) mais leurs prix sont en revanche bien plus élevé que ceux des masques chirurgicaux.

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Contrairement aux autorités sanitaires de Bavière ou d'Autriche - qui ont rendu le FFP2 obligatoire dans les transports et les magasins - la France ne prévoit donc pas d'imposer ce masque pour le grand public. "Le mode de transmission, essentiellement par gouttelettes, et le comportement dans l’environnement de ces nouveaux variants restent les mêmes. Il n’y a aucune raison de changer les préconisations", explique Fabien Squinazi, médecin biologiste et membre du HCSP. 

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