Gants, blouses, masques… Les soignants ont-ils assez de matériels pour affronter une deuxième vague du coronavirus?

Gants, blouses, masques… Les soignants ont-ils assez de matériels pour affronter une deuxième vague du coronavirus?
Santé

PROTECTIONS - De nombreuses publications s'inquiètent d'une pénurie à venir en gants chirurgicaux pour le personnel soignant. En cause notamment, des tensions sur la matière première. Et qu'en est-il des autres équipements de protection individuelle?

Ils avaient manqué de gel hydroalcoolique, de masques, de blouses,… Au premier rang dans la lutte contre le coronavirus, le personnel soignant n'avait cessé d'alerter en début de crise sur les nombreuses pénuries auxquelles ils devaient faire ça. Depuis, le  traumatisme se fait toujours sentir. 

Alors, quand un syndicat de soignants dénonce sur Twitter un "manque de gants médicaux", l'information est largement diffusée. Et reprise dans la sphère politique. Le député de la France Insoumise, Adrien Quatennens l'a ainsi relayée sur RMC, assurant que, désormais, "il y a un nouveau problème en milieu hospitalier : ce sont les gants". 

Des "tensions" sur les gants chirurgicaux

Ce n'est pas tout à fait vrai. Dépendants de l'Etat, ces établissements de santé ne rencontrent pour le moment pas de problème. Au contraire, l'AP-HP par exemple dispose d'un stock de 24 jours. En fait, cette question concerne surtout la médecine de ville et les professionnels libéraux. Comme nous l'a souligné la DGS, ils disposent, comme depuis "toujours" d'une "pleine autonomie" pour se procurer des équipements de protection individuelle (EPI) dans les quantités dont ils ont besoin. Cela se fait directement auprès de leurs fournisseurs habituels, et "par les circuits d'approvisionnement adaptés à leurs caractéristiques de fonctionnement". 

Cette consigne s'applique par exemple aux infirmières de ville. Au quotidien, elles consomment beaucoup de gants et doivent se fournir toutes seules. Mission qui s'avère compliquée vu l'état actuel du marché. Si la Direction générale de la Santé (DGS) refuse pour le moment de parler de pénurie, elle concède qu'il existe "quelques tensions". Elles s'expliquent à la fois par la hausse logique de la consommation pour la protection des soignants contre le coronavirus et de la demande mondiale, qui reste très importante. 

Notamment, comme on vous l'expliquait ici, sur la matière première essentielle à la fabrication des gants, à savoir le nitrile. Ce  caoutchouc n'est en effet fabriqué que dans trois pays d'Asie : le Vietnam, la Chine et la Malaisie. Cela engendre une "forte spéculation", comme le note la Direction générale du ministère de la Santé, avec un impact sur les prix, qui flambent outre mesure. En temps normal, une boîte de 100 gants coûte 4 euros. En juillet, c'était le double. Et dorénavant, le coût a grimpé, atteignant jusqu'à 16.5 euros en cette rentrée. C'est donc quatre fois plus qu'avant la crise sanitaire.

Les soignants doivent donc se débrouiller. Quitte à trouver des alternatives. C'est en tout cas ce que relate la présidente du syndicat "Convergence Infirmière". Auprès de TF1, Ghislaine Sicre témoigne de comment, parfois, elle a dû se fournir "auprès des magasins de bricolage ou chez les bouchers". Avec un problème au niveau des tailles : "On ne trouve plus que des gants en taille L ou XL, qui ne conviennent pas à la pratique des soins ". La DGS assure quant à elle avoir constitué "un stock national de sécurité" qui doit permettre de faire face en cas de nouvelle rupture des circuits d'approvisionnement. Aujourd'hui, l'Etat disposerait, selon ses chiffres, d'une réserve de 120 millions de gants. Et 400 millions supplémentaires ont été commandés. 

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13 semaines de stock en EPI

Et qu'en est il du reste? On se remémore tous les images de soignants dans des surblouses friables comme du papier faute de mieux ou d'infirmières se faisant dérober leur petit stock de masques. La DGS estime qu'en ce qui concerne la "plupart" des équipements individuels, "les commandes réalisées permettent désormais de couvrir le risque de la vulnérabilité des chaînes d'approvisionnement internationales face à l'épidémie de Covid-19".

Concernant les vêtements de protection, le Ministère de Solidarités et de la Santé a actionné dès le mois de janvier la reconstitution de son stock national stratégique. Mais le marché international est "extrêmement tendu" et tout aussi dépendant de l'Asie où la production mondiale est concentrée. Les autorités sanitaires assurent cependant que le "maximum" est fait pour pour maintenir cette réserve de blouses et "soulager les besoins des établissements de santé". Quant aux masques, la remise à niveau du stock stratégique a, elle, été finalisée fin septembre selon la DGS.

En tout, l'Etat assure pouvoir désormais couvrir les besoins en protections individuelles du personnel soignant durant "dix semaines de consommation de crise". A ce stock s'ajoute ceux que toutes les structures de santé et professionnels du milieu sont supposés avoir constitué, sur demande du gouvernement. Il doit représenter 3 semaines de stock. Ce qui porte l'autonomie française à 13 semaines.

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L'info passée au crible

Pour éviter toute mauvaise surprise, à l'image de celles rencontrées en février, les établissements de santé et les établissements médico-sociaux, publics et privés, devraient "très prochainement" bénéficier d'un nouveau dispositif, selon les informations de l'APM news, agence spécialisées en question de santé, ce jeudi 1er octobre. Il permettra de commander gratuitement des équipements de protection individuelle en cas de tensions sur les approvisionnements.

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