Gestes barrière : les Français se relâchent-ils ? Rien ne le prouve

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PROPAGATION - Le chef des députés LaREM a regretté ce vendredi un "relâchement ces derniers jours" chez les Français, notamment à l'approche du déconfinement. Pourtant, rien ne permet de l'affirmer.

Les cas ne baissent plus. Le pays n'est pas parvenu à descendre sous les 5000 nouvelles contaminations par jour. La faute au comportement des Français ? Sur LCI ce mardi 8 décembre, le ministre de la Santé Olivier Véran a avancé "plusieurs raisons" pour expliquer les chiffres toujour préoccupants de l'épidémie en France. À commencer par "un certain relâchement" de la population, auquel on peut ajouter "des conditions climatiques avec un rafraîchissement important et un taux d'humidité qui a augmenté". Un raisonnement repris, en partie, par Stanislas Guérini ce vendredi. Le délégué général de LaREM, a répété sur France 2 qu'on pouvait observer "un relâchement ces derniers jours". Or, aucune donnée ne vient corroborer ces affirmations.

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Aucune baisse des gestes barrières

Pour savoir si les Français continuent de respecter les différentes consignes sanitaires, il n'existe qu'un seul indicateur aujourd'hui : les données de l'Enquête Santé publique France CoviPrev. Basées sur des consultations réalisées sur internet depuis mars, elles prennent en compte six comportements différents  : saluer sans serrer la main, se laver régulièrement les mains, porter un masque en public, éviter les rassemblements festifs, éviter d'aller voir une personne vulnérable, garder la distanciation, utiliser un mouchoir à usage unique, éviter les regroupements et enfin rester confiné le plus possible. Or, d'après la dernière enquête, qui date du 23 au 25 novembre, "l'adoption systématique de toutes les mesures en lien avec la limitation de l'interaction sociale" demeure "stable" depuis le début du mois de novembre. En atteste le graphique ci-dessous publié dans le dernier Bulletin épidémiologique de Santé publique France

Une version corroborée par le chef de la Direction générale se la Santé. Lors de sa dernière conférence de presse ce lundi, Jérôme Salomon a relevé que cette circulation s'expliquait uniquement par la nature de l'épidémie, "très active qui bénéficie de conditions très favorables". "On est plus sur un adversaire redoutable en ce moment que sur des modifications de comportement des Français", avait-il assuré, saluant au passage les efforts "individuels et collectifs" qui ont permis au pays d'observer "l'une des baisses les plus fortes" d'Europe

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Le numéro deux de la Santé préfère donc l'hypothèse d'une explication météorologique. L'épidémiologiste de l'Inserm Dominique Costagliola évoquait quant à elle ce jeudi la réouverture des écoles et l'allègement du confinement comme principales raisons pour expliquer ce phénomène. De fait, la population se déplace plus qu'en début de confinement, selon les rapports de mobilité de Google. Le géant américain fournit depuis le début de la crise sanitaire un outil permettant de visualiser à quel point les mesures de confinement affectent les déplacements. Selon les chiffres de Google, arrêtés au 6 décembre, les déplacements vers les commerces ont augmenté par rapport au 30 octobre. Rien d'anormal étant donné que la grande majorité sont restés fermés jusqu'au 28 novembre. 

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