Le non-respect des gestes barrières a-t-il vraiment "explosé" ?

Les recommandations varient en fonction des surfaces, que ce soit la peau ou un tissu.

ÉTUDE - Face au variant Delta, le président du Conseil scientifique, Jean-François Delfraissy, a fustigé le relâchement des Français, assurant que les gestes barrières ont "totalement explosé". Des propos pas inexacts, mais exagérés.

Le président du Conseil scientifique a dénoncé le relâchement des Français. Les gestes barrières ont "totalement explosé" face au rebond épidémique, a pesté Jean-François Delfraissy, jeudi 22 juillet, devant la commission des lois du Sénat. Une déclaration pas tout à fait exacte, révèlent les dernières données de l'enquête CoviPrev, datée du 21 juillet et réalisée par Santé publique France (SpF).

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Variant Delta : la France face à une quatrième vague

Il est vrai que les gestes barrières ont reculé, sans avoir toutefois "explosé", puisque la baisse s'est faite progressivement en amont de la quatrième vague, entre le 2 mai dernier, début du déconfinement, et le 21 juillet, dernières données en date de Santé publique France.

L'étude chiffrée de l'agence nationale de santé publique révèle en effet, à partir des déclarations des Français interrogés, que le respect du port systématique du masque en public est passé, au fil des semaines, de 82,8% à 68,1% ; le respect de la distanciation physique de 78,2% à 62,5% ; le lavage régulier des mains de 65,1% à 60,1% et, enfin, le fait d'éviter les regroupements et réunions en face-à-face avec des proches de 50,5% à 32,3%.

Fin juin déjà, avant le début de la quatrième vague, les Français étaient moins rigoureux dans l'application de ces mesures sanitaires. Le respect du port du masque s'élevait à 70,3%, le fait de ne pas serrer de mains et de faire des embrassades à 66,4%, le lavage régulier des mains à 60,6%, et le respect des non-regroupements et réunions individuelles à 36,7%. 

Mais en dépit de cette baisse constatée sur les trois derniers mois, les gestes barrières continuent d'être appliqués par plus de la moitié de la population française, et grimpent jusqu'à près de 70% pour le port systématique du masque en publique, la mesure la plus efficace pour lutter contre le virus, selon les épidémiologistes

De plus, cette lente baisse n'est rien en comparaison de celle de l'été dernier, lorsque les chiffres se sont véritablement effondrés, comme en atteste le graphique ci-dessous. Entre juin et septembre 2020, Santé publique France a en effet révélé que seule 1 personne sur 2 portait le masque en public, et seulement 30% des individus respectaient la règle du non-regroupement. 

À noter que cette baisse ne date pas des derniers mois : pendant la seconde vague, en novembre dernier, presque 9 personnes sur 10 portaient un masque de manière systématique (85,8%), 8 personnes sur 10 évitaient le serrage de mains et les embrassades (82,3%), 7 personnes sur 10 se lavaient les mains (70,1%) et enfin, 6 personnes sur 10 évitaient les regroupements et réunions en face-à-face (63,2%).

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C'est la raison pour laquelle, Jean-François Delfraissy a surtout insisté sur le maintien du port du masque, aussi bien en intérieur qu'en extérieur, y compris pour les personnes vaccinées qui pourraient en être exemptés par endroit. "C'est compliqué, je le sais, mais dans une phase de très haute contamination telle qu'on va l'être début août, le port du masque" est indispensable, assure-t-il, et "ne touche pas fondamentalement aux libertés républicaines."

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