Covid-19 : comment expliquer ce nouveau regain épidémique en France ?

Tous les pays sont loin d'être logés à la même enseigne en matière d'épidémie de Covid. On a un premier constat très clair : les plus touchés sont aussi les moins vaccinés.

ALIGNEMENT - Les conditions sont réunies pour favoriser une reprise épidémique qui s'est amorcée depuis le mois dernier et se confirme jour après jour en France. On fait le point.

Emmanuel Macron s'adressera aux Français ce mardi 9 novembre à 20h pour faire le point sur l'épidémie de Covid-19, alors que la reprise se confirme en France après avoir déjà gagné une bonne partie de l'Europe. Ce lundi, les indicateurs ont continué de se dégrader, avec un nombre de nouveaux cas toujours en augmentation, et 80 départements repassés au-dessus du seuil d’alerte de 50 cas pour 100.000 habitants.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Pour expliquer ce rebond épidémique, le professeur Jean-François Timsit, chef du service de réanimation de l’hôpital Bichat, énumérait il y a quelques jours sur LCI "trois éléments conjoints", à savoir une vaccination qui plafonne, le relâchement des gestes barrières et  la baisse des températures.

Les gestes barrières délaissés

S'agissant du respect des gestes barrières, tout d'abord, les chiffres sont là pour attester du relâchement. Dans le détail, la dernière étude chiffrée de Santé publique France, publiée le 14 octobre, montre, à partir des déclarations des Français interrogés, que le respect de la distanciation physique, et notamment de saluer sans embrassade et sans se serrer la main est passé, entre fin juillet et début octobre, de 63% à 59% ;  le lavage régulier des mains de 60% à 59% ; le fait d'éviter les regroupements et réunions en face-à-face avec des proches de 32% à 30% et enfin, le respect du port systématique du masque en public de 68 % à 66%. 

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Le recul est davantage notable par rapport à la même période l'an dernier. Ainsi, l'adoption systématique du masque représentait 74% des personnes sondées en septembre 2020, quand le lavage systématique des mains, représentait, lui, 66% et le fait de saluer sans serrer la main 70%.

Une vaccination qui patine

Plus de 50 millions de personnes ont, à ce jour en France, un schéma vaccinal complet, mais plus de 6,7 millions de Français n'ont toujours pas reçu la moindre dose de vaccin dans le pays. Parmi eux, quelque 500.000 personnes de plus de 80 ans, pourtant vulnérables face au Covid-19. 

De même, la campagne de rappel pour la vaccination des plus âgés, lancée il y a deux mois, progresse lentement, avec à ce jour 45% des 7, 7 millions de personnes éligibles ayant reçu une troisième injection. Dans le détail, au 3 novembre, le ministère de la Santé recensait 2,2 millions de personnes âgées, hors résidents d'Ephad, ayant effectué leur dose de rappel, sur les 3,3 millions de personnes qui se sont fait vacciner. Au sein des Ephad, des unités de soins de longue durée et des résidences autonomie, ce sont 400.000 injections qui ont été réalisées. Chez les patients fragiles de moins de 65 ans, seulement 19% des patients éligibles ont reçu leur rappel. 

La météo automnale et ses conséquences

Ce regain n'est pas vraiment une surprise pour les épidémiologistes qui l'avaient anticipé avec la baisse des températures. "Le troisième élément important, c'est qu'il fait mauvais et qu'on se retrouve tous à l'intérieur avec de moins en moins envie d'avoir le masque sur le nez pour discuter avec les gens autour de nous et donc on prend un risque supplémentaire", a notamment expliqué le professeur Jean-François Timsit à ce sujet, sur notre antenne. Quelques jours plus tôt, c'est le Professeur Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'institut Pasteur, qui avait rappelé dans les colonnes du JDD en quoi les conditions climatiques hivernales favorisent la transmission du virus. "Avec l’arrivée de l’automne, nous nous remettons à vivre à l’intérieur, fenêtres fermées".

Outre ce changement d'habitudes lié à l'arrivée du froid, de nombreuses études sont venues alimenter, ces 18 huit derniers mois, la réponse, complexe, à une question qui a émergé dès les prémices de la pandémie : la météo dope-t-elle la circulation du Covid-19 ? De fait, à la même période l'année dernière, le retour en force du virus observé avait été attribué, par un certain nombre d'observateurs, aux premiers rafraîchissements de l'automne, indépendamment des comportements humains. Pour rappel, une hausse des cas fulgurante avait été enregistrée en France comme à travers le reste du continent.

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L'Institut Pasteur a notamment déjà mis en avant dans une pré-étude sur la "dépendance importante de la transmission du SARS-CoV-2 à la météo". Plus en détail, elle engendrerait une augmentation de 0,16 du R0 pour chaque degré perdu sous une température moyenne de 10°C. En revanche, sous 0°C, la dynamique de la propagation semble changer et la corrélation n’est plus du tout évidente, était venue préciser une étude publiée fin 2020 par Predict Service. Toujours selon cette filiale privée de Météo-France, le virus affectionne les températures comprises entre 3 et 17°C et un taux d'humidité compris entre 35 et 85%

Une étude publiée en juin dans la revue scientifique Nature, est venu conforter ce lien "important" entre "la transmission du SARS-CoV-2" et "le temps/climat". "Les conditions météorologiques en hiver peuvent avoir un effet sur les vulnérabilités à l’infection à travers l’irritation de la muqueuse nasale", peut-on lire. "En outre, les températures, l’humidité et les UV (rayons ultra-violets, faibles quand la lumière naturelle est réduite) pourraient avoir un effet direct sur la survie du virus et modifier la contagiosité", expliquent les auteurs.

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