Glyphosate : des résidus retrouvés dans les urines de 30 cobayes

Glyphosate : des résidus retrouvés dans les urines de 30 cobayes

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PESTICIDE - Une étude de l'ONG "Générations Futures" montre que nous sommes tous exposés au glyphosate, l'herbicide le plus vendu au monde. La principale source viendrait de l'alimentation.

Le constat est pour le moins préoccupant. C’est l’analyse de l’urine de trente personnes, dont celle l'ex-ministre de l'Écologie Delphine Batho et de la chanteuse Emily Loizeau, qui permet aujourd’hui à l’ONG "Génération Futures" d’affirmer que 100% de "ses cobayes" sont contaminés par le Glysophate, quel que soit leur âge et leur mode vie. 


Les membres du panel avaient de 8 à 60 ans (hommes et femmes), vivaient en ville et à la campagne, se nourrissaient de produits bio ou pas. Certains étaient végétariens, d'autres pas. Verdict ? Les taux relevés étaient en moyenne plus de douze fois supérieures à la quantité admissible pour un pesticide dans l’eau. La principale source viendrait de l'alimentation. 

"Nous sommes toutes et tous contaminés par le glyphosate"

L’ONG s’inquiète de ces résultats. "Malheureusement ces analyses confirment ce que nous craignions après avoir consulté d’autres études réalisées ailleurs en Europe et dans le monde : nous sommes toutes et tous contaminés par le glyphosate", alerte l’ONG dans un communiqué.


Substance active du Roundup, produit star de Monsanto, le glyphosate est à ce jour l’herbicide le plus utilisé dans le monde. Il figure aussi au rang des plus controversés, tant les polémiques sont vives concernant ses dangers potentiels. Cette molécule, dont le nom s’est popularisé à la vitesse d’une mauvaise herbe, est classée "cancérogène probable" par le Centre international de recherche sur le cancer.

Bruxelles doit se prononcer sur son renouvellement

Une affirmation remise en cause le 15 mars dernier par les experts de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA), alors que Bruxelles doit se prononcer sur la question du renouvellement de l’autorisation sur le marché européen du glyphosate, qui arrivait à expiration à l’été 2016. La décision devrait être prise dans les trois mois.


En France, les herbicides à base de glyphosate ne sont plus en vente libre pour les particuliers. Il faut les demander aux vendeurs, qui doivent expliquer aux clients comment bien les utiliser. Et son utilisation est interdite depuis le mois de janvier dans les parcs publics et les espaces verts.

Une pétition européenne a recueilli 630.000 signatures

Une coalition d’ONG, dont "Générations Futures", a lancé récemment une Initiative citoyenne européenne (ICE), à laquelle tout habitant de l’UE peut participer, pour demander à la Commission européenne l’interdiction des pesticides à base de glyphosate.


Elle a déjà recueilli environ 630.000 signatures au sein l'Union européenne dont 38.850 en France, indique l'association. Si celle-ci parvient à collecter en une année au moins un million de signatures dans au moins sept Etats de l'UE, la Commission sera tenue de recevoir ses organisateurs, qui auront alors la possibilité de présenter leur proposition au Parlement européen.

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