L’usage des pesticides dans l'agriculture française a progressé en 2017

Santé

AGRICULTURE - Malgré la multiplication des plans pour amorcer une réduction des pesticides dans l’agriculture française, leur usage a encore progressé en 2017.

L’utilisation de pesticides en France doit théoriquement baisser de 20% d’ici 2020 et même de 50% d’ici 2025. Mais on est très loin du compte… Et pour cause, l’an dernier, leur emploi a progressé de 0,3%, révèle ce lundi Les Echos. Pour suivre l'évolution de l'usage des pesticides, l’unité de mesure communément utilisée est le Nodu (nombre de doses unités). Un chiffre qui se calcule à partir des données de ventes des distributeurs de produits phytopharmaceutiques.

En 2015, le Nodu s’établissait à 96 millions. Il avait ensuite connu une légère baisse en 2016 (93,6 millions). Or, en 2017, il grimpe à 94,2 millions malgré des prévisions fixées à 84 millions, selon les chiffres contenus dans une annexe au projet de loi finances 2019, actuellement étudié à l’Assemblée. Ce chiffre montre à quel point le combat engagé pour diminuer l’usage des pesticides est très compliqué. Un premier plan baptisé "Ecophyto" avait été lancé en 2008. Il prévoyait alors une baisse de 50% à horizon 2018. Sauf que depuis, le Nodu n’a cessé d’augmenter année après année, hormis la très légère inflexion de 2016.

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En janvier 2015, conscient que l’objectif fixé en 2008 était inatteignable, le ministre de l’Agriculture de l’époque, Stéphane Le Foll, a repoussé cet objectif à 2025 avec une étape de réduction fixée à 20% d’ici 2020 lors du lancement d’un nouveau plan baptisé "Ecophyto II".

Des plans de réductions totalement inefficaces

Cet été, ce plan a été renforcé afin de se donner les moyens d’engager une réelle réduction de l’emploi de pesticides. Des mesures supplémentaires n’avaient toutefois guère suscité d’enthousiasme chez les ONG. "La sortie des pesticides ne se fera pas sans l'activation d'autres leviers économiques et réglementaires nécessaires pour obtenir une mobilisation de l'ensemble de la profession", avait notamment réagi Claudine Joly, chargée des questions pesticides à France Nature Environnement.

S’il est trop tôt pour juger les effets de cet énième plan baptisé "Ecophyto II+", la hausse enregistrée en 2017 confirme la difficulté de la tâche à accomplir. Seule "bonne" nouvelle à se mettre sous les dents en attendant, si la quantité de pesticides utilisée par les agriculteurs ne faiblit pas, le recours aux produits les plus dangereux, dits les CMR1 (c’est ceux qui ont un potentiel cancérogène avéré) a chuté de 6% l’an passé alors que le recours aux CMR2 (qui ont un potentiel cancérogène supposé) a, lui, connu une augmentation de 6%. 

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