Qu'est-ce que le glyphosate, l'herbicide controversé dont la licence a finalement été prolongée dans l'UE pour 5 ans ?

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RÉCAP' - Le gouvernement français souhaitait interdire le glyphosate, molécule que l'on retrouve notamment dans le désherbant Roundup de Monsanto. Les agriculteurs s'y opposaient farouchement. C'est quoi cet herbicide ? Pourquoi crée-t-il la polémique ? LCI.fr fait le point, alors que l'Union européenne a autorisé ce lundi le renouvellement de sa licence pour cinq ans.

Après de multiples palabres et de bataille entre ses différents membres (la France, dans un premier temps, voulait l'interdire totalement), l'UE a finalement autorisé ce lundi le renouvellement de la licence du glyphosathe, qui expire mi-décembre, pour cinq ans supplémentaires. 

Qu'est-ce que le glyphosate ?

Le glyphosate est une molécule pourvue de propriétés herbicides. Seul, il est peu efficace, mais les industriels y ajoutent des produits chimiques pour le rendre plus actif et faciliter son absorption par les plantes. La molécule pénètre par les feuilles et se diffuse jusqu'aux racines. Il s'agit-là d'un herbicide total, autrement dit, il tue toutes les plantes sans distinction - excepté celles génétiquement modifiées pour lui résister. Une méthode radicale qui n'empêche pas de semer ou de replanter environ une semaine après sa pulvérisation pour une simple et bonne raison : cette molécule est inactivée au contact du sol. On la retrouve notamment dans le Roundup, ce désherbant courant produit par Monsanto.

Pourquoi vouloir l'interdire ?

La France avait annoncé dès cet été qu'elle voterait contre la proposition de la Commission européenne de prolonger l'autorisation du glyphosate. Le gouvernement restait ainsi conforme aux engagements d'Emmanuel Macron sur le sujet.  La raison : des risques sur la santé. Le ministère de la Transition écologique avait invoqué le 30 août dernier "des incertitudes qui demeurent sur sa dangerosité". Des arguments, repris quelques semaines plus tard par Nicolas Hulot, dans une interview parue dans Ouest France : "La justice et l'Histoire nous rattraperont" si rien n'est fait pour remédier au problème phytosanitaire,  affirmait-il.  "Contre le glyphosate et son rôle de perturbateur endocrinien, et peut-être d'antibiotique surpuissant, il y a un faisceau de présomptions qui justifie d'appliquer le principe de précaution", ajoutait-il. Mais le sujet divisait au sein même du gouvernement : si Nicolas Hulot a défendu une sortie du glyphosate d'ici trois ans, le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert s'était prononcé pour une reconduction de cinq à sept ans, et Matignon avait évoqué fin octobre un maximum de quatre ans.


En mars 2015 déjà, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) classait le glyphosate comme une substance "probablement" cancérogène. Des études publiées cette même année dans la revue scientifique The Lancet évoquent également des risques de lymphomes (cancer du sang), mais aussi des impacts négatifs sur les organes de détoxification de l'organisme, le foie et les reins, ainsi qu'au niveau du système hormonal. Et ce, même à très faible dose. Mais certains scientifiques estiment que ces études ne sont vraies que pour une ingestion à forte dose : l'OMS a ainsi indiqué en 2016 que le risque cancérogène du glyphosate était improbable. Sans contredire le CIRC, elle explique à titre de comparaison que les ultraviolets sont classés comme cancérogènes alors que l’exposition de la population au soleil ne l'est pas.

Pourquoi les agriculteurs s'opposent-ils à une interdiction ?

Les agriculteurs estiment quant à eux que le risque sanitaire n'est pas encore pleinement prouvé. Surtout, l'utilisation de ce désherbant augmente leur rendemain. Il leur évite notamment de labourer, une activité qui nécessite de la main d'oeuvre, du carburant pour les tracteurs et du temps. "Le glyphosate est très utilisé par les agriculteurs, que ce soit pour nettoyer les champs avant les semences ou avant la levée des semences. Il est aussi employé sur les cultures de céréales, de colza, de maïs et de tournesol pour faire sécher les plantes, pratique que l’on appelle la dessiccation", explique ainsi l'association Les amis de la Terre. Ce désherbant est d'ailleurs en tête des ventes, avec pas moins de 8.000 tonnes par an, rien que pour le marché français.

En vidéo

Agriculture : Comment se passer du glyphosate ?

Camouflet

Le vote des Etats membres de l'UE est donc un camouflet pour la France, qui a voté contre le renouvellement pour cinq ans, et surtout pour Nicolas Hulot.

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