Grande campagne de mesure de pesticides dans l'air pendant un an sur 50 sites en France : et près de chez vous ?

Grande campagne de mesure de pesticides dans l'air pendant un an sur 50 sites en France : et près de chez vous ?

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PESTICIDES DANS L'AIR - Les mesures de pesticides dans l'eau et l'alimentation sont régulières, mais les études de leur présence dans l'air sont beaucoup plus rares. L'Ineris, l'Anses et ATMO France lancent une grande campagne de mesure sur un an, dont l'objectif est de déterminer une moyenne nationale d'exposition aux pesticides.

Glyphosate, fipronil, chlordécone... Une campagne de mesure des pesticides dans l'air est lancée lundi pour un an, pour mieux évaluer à terme l'exposition de la population. L'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) et l'organisme de surveillance de la qualité de l'air ATMO France s’associent pour étudier la présence potentielle de 82 pesticides dans l’air français, en métropole mais également en Outre-Mer.


Cette campagne, première du genre à l'échelle nationale, "permettra de définir les modalités d'une stratégie pérenne nationale de surveillance des résidus de pesticides dans l'air ambiant", ont indiqué dans un communiqué L’Ineris, l’Anses et ATMO France. Si les expositions alimentaires à ces substances sont "de mieux en mieux connues", la contamination de l'air et ainsi les risques d'inhalation ou d'exposition par voie cutanée beaucoup moins. Les 82 substances chimiques - entrant dans la composition de produits phytopharmaceutiques, biocides, médicaments vétérinaires et antiparasitaires à usage humain - seront mesurés par les associations agréées de surveillance de la qualité de l'air (AASQA) dans chaque région. Les substances ont été choisies notamment en fonction de leur caractère de dangerosité ou de persistance dans l'air. Parmi eux notamment le fipronil, à l'origine l'été dernier d'une crise liée à la découverte d'oeufs contaminés par l'insecticide dans plusieurs pays  européens, ou encore le lindane, substance "persistante" pourtant interdite pour les usages agricoles en France depuis 1998.

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Malgré les restrictions à la vente, les pesticides toujours en libre-accès

Les 50 sites choisis pour réaliser les mesures en métropole et en Outre-mer prennent en compte différents type de zones d'habitation (urbaines, péri-urbaines et rurales) et de productions agricoles (grandes cultures, vignes, vergers, maraîchage, élevage). Un total de quelque 1.500 échantillons seront recueillis en un an. Ce premier état des lieux permettra d'évaluer l'exposition chronique de la population mais aussi d'identifier d'éventuels lieux de surexposition. Les sites de mesure seront répartis ainsi : 

Emmanuelle Drab-Sommesous, référente pesticides pour ATMO France et directrice déléguée d’ATMO Grand Est, précise à LCI que “le but n’est pas d’informer localement en temps réel sur le taux de pesticides dans l’air, mais bien d’établir une exposition moyenne nationale à l’issue de l’année d’étude”. Cette exposition moyenne sera établie à partir des résultats de l’exploitation de tous les sites, qui ont été répartis dans les régions en fonction de la diversité d’environnements. 


Pour mener à bien cette mission, les organismes préfèrent “ne pas communiquer sur l’emplacement exact des sites, pour mieux les sécuriser”. En effet selon Mme Drab-Sommesous, des précédentes études ont été confrontées à des "préleveurs [d'échantillons, ndlr] débranchés, voire renversés". La dégradation du matériel faussant les résultats, les sites ainsi que les résultats partiels ne seront pas accessibles au grand public avant l'analyse complète des données.

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