Handicap : un livre noir pour dénoncer l'exil forcé vers la Belgique

Handicap : un livre noir pour dénoncer l'exil forcé vers la Belgique
Santé

MOBILISATION – La France manque cruellement de places d'accueil pour prendre en charge les personnes souffrant d'un handicap lourd, qu'il soit moteur ou mental. La Belgique devient alors souvent le dernier recours pour les familles. Une situation inacceptable pour les associations.

C'est un pavé dans la mare que les associations veulent lancer ce mardi. L'Unapei (Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis) entend ainsi remettre, aux députés, un livre noir dénonçant le départ forcé des handicapés vers la Belgique, faute de structures d'accueil en France.

Car c'est un véritable enjeu de société qui se joue ici. En effet, ce ne sont pas moins de 6500 personnes qui sont concernées par ce problème. Ainsi 5000 adultes et 1500 enfants français ont été contraints d'être placés dans des centres d'accueil belges car ils ne pouvaient bénéficier d'un tel encadrement dans leur pays.

"Des bannis de la République"

Et devant cette situation d'urgence, Christel Prado, la présidente de l'Unapei, pousse un cri de révolte : "Nos concitoyens en situation de handicap, et notamment les plus sévèrement atteints, sont bannis de notre République, et aujourd'hui cela prend des proportions inacceptables." Car, selon les chiffres de l'association, ce sont plus de 47.000 Français qui sont actuellement en attente d'une structure pour les accueillir.

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Alors même si le gouvernement a annoncé débloquer 15 millions d'euros supplémentaires pour faire face au problème, ce que dénoncent encore et toujours les associations c'est la normalisation par l'Etat de l'exil vers la Belgique. En effet la France dépenserait chaque année 250 millions d'euros via l'Assurance maladie et les départements pour financer ces prises en charge de l'autre côté de la frontière. Une façon de légitimer la solution de la dernière chance en quelque sorte.

De plus même si depuis 2014, et un accord entre les deux pays, la France peut effectuer des contrôles dans ces établissements qui offrent des soins d'une qualité tout à fait variable les uns les autres, cette solution ne convient pas aux familles qui dans leur grande majorité ne sont pas frontalières.

L'Etat condamné

Devant le manque abyssal de structure certaines familles ont décidé de se tourner vers la justice . Les tribunaux ont ainsi reconnu cet été des "carences" de l'Etat et accordé jusqu'à 70 000 euros de dédommagements à deux requérants qui avaient dû envoyer leurs enfants en Belgique.

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A titre d'exemple concret, ce parcours du combattant pour réussir à trouver une structure, la présentatrice Eglantine Eméyé l'a livré avec acharnement pour son fils Samy, 10 ans aujourd'hui. Le petit garçon autiste et très lourdement handicapé est désormais dans un hôpital, à Hyères, ou il bénéficie de soins adaptés. Avant cela on avait également signifié à la jeune femme que se tourner vers la Belgique serait la meilleure solution. Une alternative qu'elle avait refusée préférant que Samy puisse rester en France. Un combat acharné pour l'avenir de son fils qu'elle n'est malheureusement pas la seule à mener aujourd'hui. 

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