Hausse du nombre de cas : quelle est vraiment la situation en France ?

Un peu moins de 540 personnes sont actuellement en réanimation, contre 384 en début août. Néanmoins, la situation dans les hôpitaux a évolué depuis la première vague de l'épidémie.

NOUVELLE VAGUE - Depuis plusieurs semaines, les autorités sanitaires alertent sur "une progression exponentielle" de l'épidémie de coronavirus en France. Avons-nous déjà dépassé le nombre de cas du printemps dernier ? La situation dans les hôpitaux est-elle alarmante ? Tour d'horizon.

Ces dernières semaines, la France connaît une recrudescence de l'épidémie, et les autorités sanitaires ne cessent d'appeler la population à la prudence.  Emmanuel Macron lui même a appelé les Français à être "plus vigilants" en privé. Mais que révèle cette hausse de cas ? Signifie-t-elle que les hôpitaux vont de nouveaux être saturés ? Y a -t-il plus de cas parce qu'il y a plus de tests ou parce que l'épidémie s'étend réellement ? La situation est elle comparable à mars dernier ?  On fait le point.

Toute l'info sur

La France face à une 3ème vague d'ampleur

Y a-t-il plus de cas qu'en mars dernier ?

En valeur absolue, le nombre de cas recensés ces dernières semaines est loin d'atteindre les chiffres enregistrés lors du pic de l'épidémie, en mars et avril dernier. En effet, selon les données publiées quotidiennement par la Direction générale de la Santé (DGS) et en date du 7 septembre, 42.673 nouveaux cas de Covid-19 ont été recensés ces sept derniers jours. À titre de comparaison, selon Santé publique France, entre le 23 et le 29 mars, "il (était) estimé que 90.607 nouveaux cas de Covid-19 ont consulté un médecin".

Ce nombre, déjà très supérieur au niveau actuel, demeure même incomplet. "Les patients présentant des signes de Covid-19 ne sont plus systématiquement classés et confirmés par test biologique", indiquait l'agence sanitaire le 2 avril dernier. "La réalisation de prélèvement à visée diagnostique n'est recommandée que pour certains patients. La seule évolution du nombre de cas confirmés en France ne reflète donc plus de manière satisfaisante la dynamique de l'épidémie." Conclusion : le nombre de cas en mars était bien supérieur au niveau actuel, et ce malgré un nombre de tests bien inférieur à celui en vigueur ces dernières semaines.

Le nombre de cas augmente-t-il en raison de la hausse des tests ?

Ce n'est pas parce que l'épidémie est loin d'être aussi active qu'au moment du confinement qu'il faudrait se relâcher. Car si le nombre de cas a considérablement diminué au début de l'été, il est en constante augmentation ces dernières semaines. "La progression de la circulation virale est exponentielle", rappelle Santé publique France, "la dynamique de la transmission en forte croissance est préoccupante." Et celle-ci n'est pas uniquement liée au nombre de tests.

Lire aussi

Le mois dernier, le ministre de la Santé révélait que le nombre de cas augmentait de 15% chaque semaine, contre 30% pour les tests. "Une partie" de l'explication sur la hausse des cas se situe "effectivement dans le fait qu'il y a plus de tests", expliquait alors à LCI l'épidémiologiste Martin Blachier. "Mais le fait que le taux de positivité augmente est le signe d'une accélération de l'épidémie." Début juin, un mois après le déconfinement, et alors qu'aucun rebond de l'épidémie n'était encore constaté, seuls 1,3% des personnes réalisant un test PCR étaient positives. Selon la DGS, au 7 septembre, le taux de positivité est désormais de 5,1%. Signe d'une résurgence réelle de l'épidémie.

Les jeunes sont-ils toujours aussi touchés ?

Même si le nombre de cas était plus faible cet été, le virus n'a jamais cessé de circuler dans le pays. Pourtant, les hôpitaux se sont peu à peu vidés. En effet, c'est une population plus jeune, moins vulnérable, qui se contaminait. Selon Santé publique France, les jeunes restent d'ailleurs toujours la population la plus touchée. Entre le 23 et le 29 août, "le taux d'incidence (nombre de cas pour 100.000 habitants) était de 101 chez les 15-44 ans", contre "18 chez les 0-14 ans, 20 chez les 65-74 ans et 18 chez les 75 ans et plus", indique l'agence sanitaire.

Mais à force de circuler chez les jeunes, le virus s'est aussi répandu vers des personnes plus âgées. "Lorsque la circulation du virus chez les jeunes est suffisamment importante, des populations vulnérables sont atteintes", nous indiquait ces derniers jours Martin Blachier. De quoi expliquer la hausse des hospitalisations.

En vidéo

À Marseille, les services de réanimation en alerte

Le nombre de patients dans les hôpitaux est-il comparable au début du printemps ?

En effet, après une accalmie dans les services hospitaliers, la hausse du nombre de cas de coronavirus a de nouveau mis les hôpitaux à contribution. "Le nombre d'hospitalisations commence doucement mais sûrement à remonter", prévenait fin août le Premier ministre Jean Castex. Une tendance à la hausse qui se confirme, puisque 4.907 personnes sont actuellement hospitalisées pour une infection Covid-19. Soit 400 de plus qu'il y a une dizaine de jours (4.535 le 28 août).

Toutefois, si cette tendance reste "préoccupante", les services hospitaliers sont très loin de recevoir autant de patients que durant le confinement. À titre de comparaison, près de 23.000 personnes étaient hospitalisées simultanément le 31 mars dernier. Début juillet, ils étaient encore plus de 8.000. Mais pour la première fois depuis le déconfinement, la courbe est repartie à la hausse en septembre, et devrait le rester encore quelques jours. "Nous nous attendons à observer une hausse des hospitalisations jusqu'au 15 ou 20 septembre", affirmait ces derniers jours à LCI Martin Blachier. Les hospitalisations pourraient "diminuer à partir de la fin du mois, grâce à l'observation de l'effet masques".

En vidéo

Hôpitaux saturés : l'interview de Philippe Parola, chef du service infectiologie de l'IHU de Marseille

Les services de réanimation sont-ils en difficulté ?

C'est l'un des indicateurs les plus scrutés depuis l'hiver dernier : les réanimations. Au cœur de la crise, les pouvoirs publics avaient dû tripler les capacités d'accueil, pour que les hôpitaux puissent accueillir le plus de patients dans le besoin. Au pic de l'épidémie, le nombre de lits de réanimation était de "presque 14.000, contre environ 5.065 habituellement", indiquait en mai le ministère de la Santé à 20 minutes.

Désormais, le nombre de patients hospitalisés en réanimation est bien moindre - 537 au 7 septembre -, même si la tendance est, là aussi, à la hausse. Toutefois, certains hôpitaux sont déjà sous tension car - contrairement à la période du confinement - les lits en réanimation sont également occupés pour des pathologies plus classiques (victimes d'accidents de la route, etc...). À Marseille, le nombre de lits disponibles dans ces services est particulièrement faible. Sur les 300 que comptent les Bouches-du-Rhône, 70 sont dédiés aux patients atteints du Covid-19. Lundi soir, 67 étaient déjà occupés (voir vidéo en tête de cet article).

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

42 jours au lieu de 28 entre deux doses de Pfizer et de Moderna : sur quoi se base Olivier Véran ?

Le vaccin Johnson & Johnson arrive ce lundi en France : ce qu'il faut savoir

EN DIRECT - Le pic de la 3e vague atteint ? "Nous devons encore tenir", prévient Véran

Éruption de la Soufrière à Saint-Vincent : des milliers d'évacuations dans la panique

Dîners clandestins : Brice Hortefeux plaide la bonne foi, Alain Duhamel se dit "piégé"

Lire et commenter