Hépatite C : pourquoi tous les patients n'ont-ils pas accès aux mêmes soins ?

Hépatite C : pourquoi tous les patients n'ont-ils pas accès aux mêmes soins ?
Santé

MÉDICAMENTS – Le Conseil national du Sida et des hépatites virales (CNS) dénonce "une discrimination entre patients" atteints de l’hépatite C dans l’accès aux nouveaux traitements. La raison : leurs prix.

Les traitements pour soigner l’hépatite C existent mais ne sont pas accessibles à tous. A cause de leurs coûts trop élevés, l’Assurance maladie n’accepte de prendre en charge que les personnes les plus malades. Cette situation conduit à "une discrimination entre patients qui n’est pas acceptable sur le plan éthique", selon les termes du Conseil national du Sida et des hépatites virales (CNS).

A l’occasion de la journée nationale de lutte contre les hépatites virales, qui se tient ce mercredi 25 mai, le CNS interpelle les politiques. Il réclame un accès universel aux nouveaux traitements pour tous. Une mesure qui pourrait permettre d’éradiquer la maladie du foie causée par le virus de l’hépatite C .

Quels sont ces nouveaux traitements ?
Les nouveaux antiviraux d’action directe (NAAD) sont disponibles depuis 2014. Grâce à eux, la prise en charge des patients a considérablement été améliorée. Plus de 90% des personnes atteintes de l’hépatite C sont guéries en quelques semaines.

Bien tolérés, ces NAAD permettent d’éviter certaines complications comme les cirrhoses ou les carcinomes du foie. En effet, la gravité de la maladie infectieuse peut prendre une forme bénigne ou s’installer à vie. Faciliter l’accès aux médicaments antiviraux permettrait de réduire l’incidence de la maladie, voire de l’éradiquer.

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Pourquoi leur accès est-il restreint ?
Ces traitements coûtent cher. Le prix du Sovaldi (sofosbuvir) peut ainsi atteindre la "modique" somme de 41.000 euros pour 12 semaines de traitement. Le Harvoni (sofosbuvir et ledispavir) du laboratoire Gilead coûte 46.000 euros. La bonne nouvelle est qu’ils sont remboursés à hauteur de…100% par l’Assurance maladie. La mauvaise est qu’ils sont réservés aux patients dont l’atteinte hépatique est la plus avancée. Une situation qui oblige les malades à attendre l’aggravation de leur état de santé pour avoir accès aux traitements. C’est cette politique de limitation que dénonce le CNS.

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Quelles sont les solutions ?
Le CNS suggère de redéfinir la politique de lutte contre l’hépatite C "en fonction de l’objectif du dépistage et d’une offre de traitement antiviral à toutes les personnes infectées par le VHC". Tout l’enjeu est donc de trouver un terrain d’entente avec l’industrie pharmaceutique au niveau international et "contribuer à l’élaboration d’un nouveau cadre de régulation".

De leur côté, les associations de patients réclament l’ouverture du marché aux génériques. Certains patients se procurent ce type de médicaments sur des marchés parallèles à un prix défiant toute concurrence. "Le coût d’un traitement de 12 semaines contre l’hépatite C est ainsi accessible pour un premier prix de 550 euros", rapporte le site spécialisé pourquoidocteur.fr. Mais l’importation de tels traitements pose le problème d’éventuelles contrefaçons…et d’inégalité d’accès en fonction des moyens financiers des patients.

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