"Il est temps de dérembourser" : le Collège des médecins généralistes vent debout contre l'homéopathie

Santé

SANTÉ - Le Collège national des généralistes enseignants (CNGE), principale société scientifique de médecine générale française, a plaidé jeudi pour le déremboursement des médicaments homéopathique, qu'il qualifie de "méthode ésotérique".

Ils sont utilisés - régulièrement ou non - et plébiscités par plus de la moitié des Français, ils sont parfois remboursés à 30% par la Sécurité sociale, mais leur efficacité n'a jamais été prouvée scientifiquement. Les médicaments homéopathique, cette spécificité française, sont dans le viseur du Collège national des généralistes enseignants (CNGE), qui plaide pour leur déremboursement par l'Assurance maladie, dans un communiqué incendiaire publié jeudi.

"Il n'y a aucun élément pour justifier encore aujourd'hui le remboursement de ces 'médicaments' par la collectivité", juge le CNGE, principale société scientifique de médecine générale française, dans son communiqué. "Il n'y a de même aucune justification à l'enseignement de ce type de pratique mystérieuse à l'université ni au moindre label universitaire." Le CNGE estime "nécessaire d'abandonner les méthodes ésotériques qui appartiennent à l'histoire et qui aujourd'hui trompent les patients comme encore certains professionnels".

La Haute autorité de santé se prononcera au printemps

L'homéopathie consiste à administrer des substances en quantité infinitésimale, dans l'espoir de guérir. Une méthode dont l'efficacité n'a jamais été expliquée par autre chose que "l'effet placebo". Le leader mondial de l'homéopathie, le laboratoire pharmaceutique français Boiron, réalise la majorité de son chiffre d'affaire en France.

En mars 2018, la guerre entre les homéopathes et les médecins a été relancée par la tribune, signée d'un collectif de 124 médecins, attaquant les "médecines alternatives", dont l'homéopathie. Celles-ci seraient pratiquées, selon les signataires "par des charlatans en tout genre qui recherchent la caution morale du titre de médecin pour faire la promotion de fausses thérapies à l'efficacité illusoire". Après la publication de cette tribune, le Syndicat national des médecins homéopathes français a déposé une soixantaine de plaintes disciplinaires devant l'Ordre des médecins contre ses signataires.

Les autorités sanitaires nationales vont prochainement trancher ce débat explosif. Le ministère de la Santé a saisi en août la Haute autorité de santé (HAS) pour évaluer l'efficacité de l'homéopathie et le bien-fondé de son remboursement. Mais la HAS, qui devait rendre son avis en février, a finalement reculé et s'exprimera au printemps.

Lire et commenter