Hypertension artérielle : quels sont les risques ? comment se soigner ? Les conseils d'un médecin

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MISE AU POINT - L'hypertension artérielle touche près d'un adulte sur trois en France et la moitié d'entre eux l'ignorent. Pourtant cette maladie peut avoir de graves conséquences. De quoi s'agit-il ? Comment la détecter ? Comment se soigner ? Valérie Olié, épidémiologiste à Santé Publique France, nous livre ses réponses.

L'hypertension est une maladie très répandue, mais peu de malades ont conscience de leur situation. Une personne hypertendue sur deux l'ignore, selon la dernière enquête de Santé Publique France. 50% seulement des malades savent qu'ils sont hypertendus. "C'est un taux très faible", regrette Valérie Olié, épidémiologiste au sein de l'autorité sanitaire. "En Allemagne et aux Etats-Unis, ce taux est de 80%, en Angleterre ou au Portugal, ont est au-dessus des 70%".  


Et même quand la maladie est connue, trop peu se soignent. L'épidémiologiste nous explique pourquoi une meilleure connaissance et une meilleure prise en charge sont essentielles.

LCI : Qu'est-ce que l'hypertension artérielle ?

Valérie Olié : De manière très simple, quand la pression artérielle - c'est à dire la force qui est exercée par le sang sur la paroi des artères - est trop importante, on estime qu'il y a hypertension. Il y a très peu de symptômes, donc les gens ne se sentent pas malades et ne se traitent pas, ou de manière irrégulière. Pourtant les conséquences peuvent être très graves (13% des décès qui surviennent chaque année dans le monde sont directement liés à l'hypertension, ndlr).

LCI : Quelles sont ces conséquences ?

Valérie Olié : Une personne hypertendue aura plus de risques d'avoir un accident vasculaire-cérébral (AVC). L'hypertension artérielle est également un facteur de risque très important de maladies cardio-vasculaires, de type infarctus du myocarde ou insuffisance cardiaque. La liste est longue, mais on peut citer aussi des risques d'insuffisance rénale et de démence.

LCI : Comment savoir si l'on est malade ?

Valérie Olié : Le dépistage se fait par une mesure de la pression artérielle. Elle peut être réalisée à l'aide d'un brassard par votre médecin généraliste, votre gynécologue ou alors par la médecine du travail. Si la pression apparaît élevée, il faudra confirmer le diagnostic par de nouvelles mesures, les jours suivants. Une simple mesure ne suffit pas à poser un diagnostic d'hypertension.

LCI : Il existe aujourd'hui des tensiomètres accessibles au grand public, peut-on effectuer un diagnostic soi-même ?

Valérie Olié : Ce n'est pas déconseillé, néanmoins il faut le faire correctement. Il existe tout un tas de recommandations pour que la mesure soit interprétable : un temps de repos nécessaire, être en position assise, ne pas être sur son téléphone ou en train de discuter en même temps. Une mauvaise pratique pourrait fausser les résultats. Dans tous les cas, il faudra in fine se tourner vers un professionnel de santé.

LCI : Quels sont les personnes les plus à risque et qui donc, doivent être particulièrement vigilantes ?

Valérie Olié : La pression artérielle augmente de manière assez mécanique au cours du vieillissement donc plus on est âgé, plus on a de risques d'avoir de l'hypertension artérielle. Les hommes sont également plus touchés que les femmes. (la Société française de cardiologie recommande de se faire prendre la tension par un médecin au moins une fois par an à partir de 40 ans, ndlr).

LCI : Si le diagnostic s'avère positif, comment traite-t-on l'hypertension artérielle ?

Valérie Olié : Il existe deux types de soins. Les premières mesures que l'on va mettre en place sont des mesures hygiéno-diététiques, c’est-à-dire un régime alimentaire avec moins de sel et un nombre de calories limité. Il faut bien souvent essayer de perdre du poids et avoir une activité physique. Quand cela ne suffise pas à ramener la pression artérielle sous le seuil des 140/90, il faut y ajouter un traitement médicamenteux avec des antihypertenseurs.

LCI : Avant d'en arriver là, que peut-on faire pour éviter cette maladie ?

Valérie Olié : Les principaux facteurs de risque de l'hypertension artérielle sont presque tous des facteurs comportementaux, nous pouvons donc les modifier. Il faut soigner son alimentation, éviter d'être en surpoids ou obèse, avoir une activité physique régulière, éviter des temps de sédentarité trop longs. Ces éléments limitent ou repoussent de manière très efficace le risque d'hypertension artérielle.

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