"Il est bien plus simple de fabriquer un masque que des jeans" : ce patron met son atelier au service des soignants

Thomas Huriez, fondateur de la marque 1083, qui fabrique et distribue gratuitement des masques en tissus aux professionnels de santé.

INTERVIEW - Il a modifié sa ligne de production de jeans pour répondre à la pénurie de masques. Thomas Huriez, fondateur de la marque - made in France -"1083", nous explique pourquoi il n'a pas hésité à prendre cette initiative pour aider, à son niveau, les professionnels de santé à se protéger du coronavirus.

Il a transformé son atelier de production pour y fabriquer des masques en tissus. Thomas Huriez, le créateur de la marque de jeans made in France "1083", installée à Romans-sur-Isère dans la Drome, livre gratuitement depuis cette semaine cette denrée rare, voire introuvable, aux professionnels de santé des environs qui le sollicitent. 

Contacté ce jeudi 19 mars par LCI, celui-ci nous explique que l'idée lui est venue en discutant avec des pharmaciens et des médecins lui ayant fait part de la pénurie à laquelle ils sont actuellement confrontés pour se protéger du coronavirus dans l’exercice de leurs fonctions.

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Mais alors, comment s'y prendre ? "Nous avons suivi la procédure de fabrication de masque en tissus, diffusée par le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Grenoble auprès des soignants pour leur indiquer comment en réaliser soi-même." Bien sûr, ils ne sont pas aussi efficaces que ceux de type FFP2 indisponibles pour le moment. Mais, faute de mieux, les personnels soignants préfèrent porter "ces masques de secours préconisés comme un palliatif par le CHU" que... rien du tout !

La question de lancer la confection de ces masques en tissus "ne s'est donc pas posée" pour le patron de "1083", dont le nombre de commandes de jeans a chuté en raison de la crise. D'autant que, concrètement, "il est bien plus simple de fabriquer un masque que des jeans. Il a donc été facile, techniquement, de réorganiser la production. S'approvisionner en matières appropriées a en revanche été un peu plus difficile car nous n'avions pas en stock tous les tissus préconisés par le CHU." Le problème a finalement été vite réglé auprès d'une boutique de tissus de Romans-sur-Isère (où l'atelier est installé) qui a pu le fournir.

Quant à la cadence de fabrication, "les deux couturières" dédiées à cette tâche devraient pouvoir sortir jusqu'à "plusieurs centaines d'unités par jour car un masque se fabrique très vite", indique Thomas Huriez. Ce jeudi quelques centaines avaient déjà pu être livrés par son équipe aux personnels de santé qui en ont fait la demande. 

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Combien de temps durera l'initiative ? "Aucune idée" à ce stade", répond le patron pour qui "tant qu'on peut aider, on doit aider". En attendant, il compte bien "augmenter les volumes au fur et à mesure, le but étant d'en fabriquer un maximum pour en distribuer un maximum". 

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