Ils veulent lancer une action de groupe : les anti-vaccins montent au créneau

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SANTÉ PUBLIQUE – L’association Autisme Vaccinations, qui affirme qu'il y a un lien entre vaccination et autisme, lancera début septembre une action de groupe contre quatre laboratoires devant le tribunal de grande instance de Paris, révèle ce lundi Le Parisien. L’objectif des familles est de demander "réparation des dommages causés par la vaccination pédiatrique" alors que l’extension à onze vaccins obligatoires est prévue pour 2018.

Les anti-vaccins n’ont pas dit leur dernier mot. La ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a annoncé il y a quelques jours l’extension à onze vaccins obligatoires, au lieu de trois, pour le début de l’année 2018 en avançant un argument de poids : "Il n’est pas supportable qu’un enfant puisse mourir parce qu’il n’est pas vacciné". Et même si l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) confirme que la vaccination permet d’éviter 2 à 3 millions de décès dus à la diphtérie, au tétanos à la coqueluche et à la rougeole chaque année dans le monde, les anti-vaccins, eux, martèlent que les risques ne sont pas négligeables.


C’est le cas de l’association Autisme Vaccinations qui rassemble près d’une centaine de familles. Nos confrères du Parisien révèle ce lundi 24 juillet qu’elle introduira au mois de septembre une action de groupe devant le tribunal de grande instance de Paris contre les laboratoires pharmaceutiques français, américain et anglais, Sanofi, Pfizer, Eli Lilly et GlaxiSmithKline. Le but de ses familles est de demander "réparation des dommages causés par la vaccination pédiatrique" qui expliquerait, d’après elle, une recrudescence des cas d’autisme chez les enfants. 

Un adjuvant pointé du doigt

"Nous allons attaquer en justice quatre laboratoires qui ont commercialisé ces vaccins, pour connaître la vérité", martèle ainsi dans Le Parisien Martine Ferguson-André, une militante anti-vaccin acharnée membre de la commission de santé Europe Ecologie-les Verts (EELV) qui se considère comme une lanceuse d’alerte. 


Selon elle, son fils, Tom, est devenu autiste après avoir reçu cinq vaccins à l’âge de 10 mois. Elle pointe notamment du doigt le thiomersal, un composé contenant du mercure, utilisé comme conservateur, qui a depuis été retiré par précaution. Aucune étude n’avait alors permis de conclure à la dangerosité de l’adjuvant. 

La défiance enver les vaccins inquiète nombre de médecins et scientifiques. Comme l’explique Jocelyn Raude, chercheur à l’Ecole des hautes études en santé publique à Rennes, au Parisien, l’opposition aux vaccins qui "a longtemps été marginale, cantonnée aux partisans des médecins alternatives et naturelles", s’est  élargie depuis la polémique autour de la grande campagne contre la grippe pandémique H1N1 en 2009-2010. Les anti-vaccins ont d'ailleurs appelé à descendre dans la rue le 9 septembre prochain. 

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