Immunité : et si Didier Raoult avait raison ?

Immunité : et si Didier Raoult avait raison ?
Santé

INTERVIEW - Le bras droit du Professeur Raoult est revenu en détail ce mercredi sur une information du dernier bulletin d’information de l'IHU de Marseille, selon laquelle 40 à 70% de la population auraient été immunisés avant le début de l’épidémie.

"Ce sont des résultats très récents." Au lendemain de la publication par l’IHU de Marseille d'un nouveau bulletin d’information scientifique dans lequel Didier Raoult explique, entre autres, que "40 à 70 % de la population auraient été immunisés avant le début de l’épidémie" de Covid-19, son bras droit, le professeur Matthieu Million, a livré quelques précisions ce mercredi sur LCI.

"En pratique, il s'agit d'avoir testé l'immunité croisée, c'est à dire qu'avec des virus qui sont très proches, on peut développer une immunité qui n'est pas complètement spécifique par rapport à un virus", souligne le responsable de l'hôpital de jour à l'IHU de Marseille, évoquant les résultats d'une étude comparative d'âge entre le nouveau coronavirus et les autres en circulation. 

Et de poursuivre : "On sait que chaque année il y a des coronavirus qui circulent dont la gravité n'est pas celle du Covid et l'immunité contre les virus saisonniers pourrait avoir un effet contre le Covid (...) cela pourrait expliquer pourquoi des gens n'ont pas été infectés : ils avaient a priori une immunité en raison d'un virus saisonnier."

"Les coronavirus saisonniers circulent de façon active chez les enfants"

Ce concept d'immunité croisée, qui a repris de la vigueur avec la parution mi-mai d'une étude américaine dans la revue spécialisée Cell, et qui désigne donc le fait d’acquérir une immunité contre un virus, après avoir été contaminé par un autre, serait aussi la clé d'un mystère de l'épidémie : la faible contamination des plus jeunes.

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"Il y avait une donnée qui était un peu étonnante, de voir que les enfants étaient très peu infectés par rapport aux autres", indique encore Matthieu Million, ajoutant qu'"on ne comprenait pas pourquoi alors qu'on sait que les virus respiratoires comme les coronavirus saisonniers circulent de façon active chez les enfants. (...) Ça pourrait tout à fait être une explication." 

"Une déconnexion totale entre du big data et les dossiers des patients"

Outre ces données nouvelles relatives à l'immunité croisée, le bras droit du Professeur Raoult est également revenu ce mercredi sur l'étude très critiquée sur l'hydroxychloroquine et le Covid-19 avec laquelle la prestigieuse revue médicale The Lancet, qui l'avait publiée, a pris ses distances en reconnaissant dans un avertissement formel que "d'importantes questions" planaient à son sujet. Au premier rang de ses détracteurs, le chercheur français Didier Raoult avait qualifié l'étude de "foireuse" et estimé qu'elle avait été réalisée par des "pieds nickelés".

"On a été un peu surpris de voir cette étude dans The Lancet publié par quatre auteurs dont aucun infectiologue ou spécialiste des maladies respiratoires c'est à dire qu'en pratique, on se demande s'il y a un seul des auteurs qui a vu un patient infecté par le coronavirus", détaille ce mercredi, le Pr Matthieu Million, parlant de "déconnexion totale entre l'analyse de données, du big data, et les dossiers réels des patients".

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"On a l'impression qu'il y a eu 90.000 dossiers électroniques sans aucune précision par des comité d’éthique qui est détaillée, aucun médecin qui a pris en charge les patients, on n'a pas les noms des hôpitaux et il y a aurait même un hôpital qui était plutôt en Asie qu'en Australie ce qui veut dire que la précision est extrêmement limitée", fait-il valoir.

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Et ce dernier d'insister sur la discordance de "cette étude du Lancet qui dit que le traitement multiplie par deux la mortalité et que près de 10% des gens sous traitement font une tachycardie ventriculaire c'est à dire un événement cardiaque extrêmement grave, fatal spontanément en quelques secondes" et "certaines études qui montrent un bénéfice net clair et significatif sur la mortalité". 

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