Intolérance au gluten : la piste d'un traitement naturel

Intolérance au gluten : la piste d'un traitement naturel

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MEDECINE - Une équipe internationale de chercheurs a mis en évidence le rôle clé d’une protéine humaine, l’élafine, dans la protection contre la réaction inflammatoire caractéristique de l'intolérance au gluten. Ils ont également développé une bactérie probiotique capable de délivrer cette protéine au niveau des muqueuses intestinales chez la souris.

Pas de pain, pas de pâtes et pas de biscuits… ou uniquement des recettes spéciales. Les personnes souffrant d'une intolérance au gluten, également appelée maladie cœliaque n'ont pas le choix, elles doivent constamment surveiller le contenu de leur assiette. Cette pathologie se manifeste chez les individus prédisposés, qui ne possèdent pas les enzymes nécessaires pour dégrader correctement le gluten lors de la digestion. Il s'ensuit une inflammation des muqueuses de l'intestin, qui peut conduire à terme à une malabsorption des nutriments (fer, calcium…).

Ces personnes touchées sont, entre autres, sujettes à des douleurs abdominales chroniques (diarrhées, crampes…) et présentent une prédisposition à certains cancers (intestin grêle, lymphome). On estime qu'environ un individu sur 100 est concerné, mais seulement 10 à 20 % des cas sont aujourd’hui diagnostiqués. Aucun traitement curatif n’est actuellement disponible sur le marché, la seule solution étant un régime sans gluten à vie. Mais les récents progrès effectués dans la recherche redonnent espoir.

Rétablir une molécule déficiente

Des chercheurs de l'Institut national de la recherche agronomique (Inra) et de l’Inserm avec leurs collègues canadiens et suisses, ont mis en évidence une anomalie chez les patients atteints de la maladie cœliaque. Ils produisent beaucoup moins d'élafine, une molécule ayant des propriétés anti-inflammatoires. Plus précisément, cette molécule agit sur une autre protéine, la transglutaminase-2 responsable de la mauvaise dégradation du gluten. Fort de ce constat, ils ont trouvé un moyen pour relancer la production de cette molécule essentielle.

Pour cela, ils se sont servis d'une bactérie, la Lactococcus lactis. "Ces bactéries transitent naturellement dans l'intestin. On les a génétiquement modifié pour leur faire produire de l'élafine avant de les injecter chez des souris intolérantes au gluten. Le traitement a permis de diminuer fortement la réaction inflammatoire car l'élafine empêche la transglutaminase-2 de transformer le gluten en peptide toxique pour l'intestin", explique à metronews, Philippe Langella l'un des scientifiques à l'origine de cette découverte.

En outre, cette thérapie ouvre des perspectives inégalées dans le traitement d'autres maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI), telles que la maladie de Crohn. En revanche, les chercheurs ne peuvent pas encore déterminer si le traitement permettra de s'alimenter normalement ou de mieux vivre avec cette intolérance. "Notre prochaine étape est d'identifier d'autres protéines qui sécrètent naturellement des molécules proches de l'élafine", conclut Philippe Langella. Cette thérapie prometteuse a fait l’objet d’un dépôt de brevet en mai 2013 par l’Inra.

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