Journée mondiale de l'asthme : "une allergie ne passera jamais toute seule"

Journée mondiale de l'asthme : "une allergie ne passera jamais toute seule"

Santé
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INTERVIEW - Les maladies allergiques ont fortement augmenté au cours des dernières décennies. Comment l'expliquer ? Comment les prévenir ou les guérir ? Autant de questions auxquelles la Fédération française d'allergologie répond dans le "Grand livre des allergies" avec l'aide d'une vingtaine d'experts. Le Pr Benoît Wallart qui a dirigé cet ouvrage répond aux questions de metronews.

Le fait d'écrire un livre pour comprendre toutes les allergies signifie-t-il que leurs nombres sont devenus très importants voire inquiétants ?
L'objectif du livre est de demander à des spécialistes d'apporter des réponses sur l'ensemble des allergies que l'on peut rencontrer, qu'elles soient respiratoires, cutanées, alimentaires ou médicamenteuses. On s'est rendu compte que les patients se posent naturellement des questions sur le sujet et qu'ils ont du mal à trouver des réponses, notamment parce que l'allergologie est une compétence qui n'est pas beaucoup enseignée alors que le domaine est en pleine expansion.

Si on prend le cas des rhinites allergiques, cette maladie touchera 25 à 30 % des gens à un moment de leur vie. Le message de fond, c'est que lorsqu'une allergie se manifeste, il ne faut pas attendre que cela va passer tout seul, ce qui est d'ailleurs une idée reçue : si on ne s'occupe pas d'un asthme, les séquelles seront très graves plus tard.

Vous dédiez toute une partie du livre aux traitements des allergies. Ces recommandations sont-elles généralement bien suivies des Français ?
Ces conseils s'adressent aux médecins et aux patients. Du côté des médecins, on peut grandement améliorer l'information sur le sujet. Chez les patients, le plus grand problème réside dans l'observance des traitements qui ne dépasse pas 50 %. Une fois que les symptômes sont passés, ils ne pensent plus à les suivre.

Certes, ces maladies sont rarement mortelles, mais elles sont profondément gênantes. Les traitements de fond comme la désensibilisation et les corticoïdes sont primordiaux. Ils sont beaucoup mieux suivis lorsqu'il s'agit de maladies cardiaques qu'en cas d'allergie car leurs bénéfices se voient moins aux yeux des patients. La plupart n'ont pas peur de la récidive et n'ont pas le sentiment que leur qualité de vie est en jeu.

Le type d'allergies répertoriées ont-elles changé ces dernières années, notamment dans l'alimentaire ?
Le nombre d'allergie a augmenté dans tous les domaines. Celles liées à l'alimentaire ont augmenté car on consomme beaucoup plus d'aliments allergènes comme les cacahuètes et le kiwi qu'avant. Mais de manière générale, c'est la modification du mode de vie qui favorise l'apparition d'allergies. La pollution extérieure, la pollution intérieure, l'alimentation… c'est tous ces éléments qui influent sur les gènes qui vont à leur tour modifier l'expression des allergies. C'est ce qu'on appelle l'épigénétique. Un phénomène qui se transmet de génération en génération.

Justement, dans votre livre il est dit que la proportion d'allergiques devrait atteindre 50 % entre 2035 et 2050. C'est un constat inquiétant…
Mais bel et bien possible vu l'ensemble de modifications dans notre façon de vivre et de s'alimenter, car on ne peut pas tout mettre sur le dos de la pollution. Plusieurs autres facteurs entrent également en jeu, comme la rencontre avec un virus, sans compter qu'on peut naître avec une allergie. Mais ce chiffre ne signifie pas que tout le monde souffrira d'allergie en même temps, cela veut dire que la moitié de la population en connaîtra une à un moment ou un autre de leur vie.

On ne peut pas prévenir l'apparition d'une allergie, quand on en souffre on en souffre, mais il est possible de limiter les symptômes. Les conseils varient selon son type mais il est recommandé d'éviter les situations de grosse exposition comme les pollens en pleine saison ou le tabac. Mais pour se prendre en charge sérieusement, mieux vaut connaître exactement ce qu'on a, d'où l'intérêt de consulter un médecin.

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