Journée mondiale de sensibilisation à l'autisme : 7 idées reçues à enlever de votre tête

DirectLCI
AUTISME - En France, plus de 400.000 personnes seraient atteintes d'autisme. Un trouble du développement encore méconnu. A l'occasion de la journée mondiale de l'autisme qui se tient ce lundi 2 avril, LCI démonte 7 fausses idées reçues qui circulent sur cette affection.

Cet article a été publié pour la première fois le 1er avril 2015. 


Les autistes ne peuvent pas être autonomes, sont plus intelligents ou ne ressentent aucune émotion... Les préjugés sont nombreux. A l'occasion de la journée mondiale de la sensibilisation à l'autisme, qui se déroule ce lundi 2 avril, LCI démêle le vrai du faux avec le professeur Thomas Bourgeron, généticien à l'Institut Pasteur. 

"L'autisme est très rare"

FAUX – En France, près d'un enfant sur cent est diagnostiqué autiste. Il s'agit d'une maladie infantile qui résulte d'un trouble neurologique qui provoque un défaut de transmission entre la réception et le traitement des informations. Par conséquent, les autistes ont des difficultés pour s'adapter à un environnement social et ne parviennent que très rarement à communiquer avec leur entourage.

"Un autiste ne peut pas vivre de manière autonome"

FAUX – Certains d'entre eux arrivent à avoir une vie normale. L'environnement joue un rôle primordial. Le problème, c'est qu'il existe très peu de structures adaptées en France. Seulement 20 % des enfants autistes sont scolarisés, contre 80% en Suède. Les parents ne peuvent compter, le plus souvent, que sur eux-mêmes et leur entourage. En France, moins de 1% des adultes autistes ont aujourd'hui un emploi.

En vidéo

Le combat d’un père contre l’autisme

"L'affection se détecte dès la naissance"

FAUX – Les premiers signes pour détecter une forme d'autisme sont présents dès l'âge de 18 mois, en étant très attentif. Si l'enfant ne regarde pas dans les yeux, par exemple. Il existe deux vagues de diagnostic. A 2 ans, avec l'apparition du langage, et vers l'âge de 12 ans, au moment de l'entrée au collège, à travers le manque d’interactions sociales avec ses camarades.

"L'autisme atteint plus les filles que les garçons"

FAUX – On ne sait pas l'expliquer, mais il est vrai que l'autisme touche davantage les garçons que les filles : quatre garçons pour une fille. Pour le syndrome d'Asperger, c'est carrément une fille pour huit garçons. Cela s'explique par le fait qu'on dépiste plus difficilement cette pathologie chez les personnes de sexe féminin.

"Les autistes sont dotés d'une intelligence supérieure"

VRAI et FAUX – Cela existe, mais ce n'est pas toujours le cas. Les autistes atteint du syndrome Asperger sont souvent décrits comme des personnes brillantes et méticuleuses, une hypermémoire et un hypercalculateur. Avant l'an 2000, près de deux tiers des enfants autistes étaient déclarés déficient mental. Aujourd'hui, cela s'inverse. Les déficients intellectuels représentent un tiers des autistes, car on y intègre désormais tous les troubles liés au développement cognitif et cérébral de l'enfant.

"L'âge élevé du père peut avoir un incidence"

VRAI – L'autisme semble plus fréquent lorsque le père est âgé. On sait en effet qu'un homme à la quarantaine a six fois plus de risque d'avoir un enfant autiste qu'un père âgé d'une vingtaine d'années. L'autisme est à l'évidence une maladie avec une forte part génétique. On l'observe dans au moins 50% des cas.

"Les autistes ne ressentent aucune émotion"

FAUX – On ne peut pas dire que les enfants autistes ne ressentent aucune émotion. On observe des cas de dépression ou d'anxiété, avec la phobie du changement par exemple. En revanche, ils ont plus du mal à décoder les codes sociaux et souvent incapables de se mettre à la place de l'autre.

Sur le même sujet

Plus d'articles

Lire et commenter