Journée Nationale de l'Audition : l'acouphène, un trouble à ne pas négliger

Journée Nationale de l'Audition : l'acouphène, un trouble à ne pas négliger

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OREILLES - À l'occasion de la Journée Nationale de l'Audition du 13 mars consacrée aux acouphènes, metronews vous en dit plus sur ce trouble ORL de plus en plus fréquents au sein de la population française puisqu'il touche une personne sur quatre.

Selon une enquête Ipsos pour la Journée Nationale de l'Audition , un Français sur quatre est touché par les acouphènes (bourdonnement et sifflements dans la tête et dans l’oreille). Au total, ce seraient près de 16 millions de personnes qui seraient touchées. De même, une personne sur 2 connaît quelqu'un qui en souffre. Longtemps considéré comme une maladie mentale, l'acouphène est aujourd’hui reconnu comme une pathologie ORL. Jeunes, adultes, seniors, toutes les tranches d’âge sont concernées.

"Son origine est multiple, explique à metronews le Dr Didier Bouccara, médecin ORL à l’hôpital Beaujon de Paris. Cela peut provenir d'un traumatisme auditif lié à l’écoute de musique amplifiée, au bruit au travail, à l'usure des mécanismes de l’oreille avec l’âge ou à un choc émotionnel. Il ne faut pas prendre à la légère ce trouble qui peut paraître banal et fréquent". Car si dans 95 % des cas, les acouphènes n'ont aucune gravité, il arrive qu'ils deviennent permanents.

"Chacun a une sensibilité différente au bruit"

Or, l'enquête Ipsos révèle que 51 % des personnes qui en souffrent régulièrement n'ont jamais consulté. Sauf qu'il devient rapidement insupportable de vivre avec ce trouble, qui handicape la vie quotidienne (fatigabilité, dégradation de la vie intellectuelle, physique, psychique et sociale). Ce déséquilibre peut même amener les sujets les plus fragiles à tomber en dépression. Bien qu’il y ait des avancées dans le domaine de la recherche, il n'existe pas de traitement à proprement parler.

Ce qui explique que, selon l'enquête Ipsos, 53 % des personnes ayant consulté n'ont pas reçu de prescription. Mais le patient a accès à des solutions dites "d'habituation" pour soulager les symptômes. "Ces solutions peuvent aller d'un appareil auditif à de la sophrologie, ajoute le Dr Bouccara. Il ne faut pas hésiter à consulter un ORL ou un orthophoniste car le simple fait de voir que le canal auditif n'est pas touché permet souvent de faire diminuer l'acouphène".

Selon les sujets et l’importance de la gêne, ce processus prendra de plusieurs mois à plusieurs années. "Chacun possède une sensibilité différente au bruit", souligne le Dr Bouccara. Avec ces thérapies, de nombreuses précautions quotidiennes permettent une amélioration progressive de l'état du patient : privilégier l'écoute d'un bruit de fond pour faciliter l'habituation, éviter la prise abusive d'excitant et d'alcool qui exacerbent l'acouphène et pratiquer un sport pour évacuer son stress.

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