L'épidémie de coronavirus maîtrisée en Outre-mer ? Pourquoi les autorités sont rassurantes

Contrôle du respect du confinement en Guadeloupe, avril 2020
Santé

LE POINT - Ce dimanche, lors de sa conférence de presse menée avec Olivier Véran, Edouard Philippe a assuré que la "stratégie mise en oeuvre" pour limiter la propagation du coronavirus en Outre-mer est "pour l'instant payante" et que l'épidémie y semble pour l'heure "sous contrôle". Une exception cependant : Mayotte.

Alors que l'épidémie de covid-19 semble, pour le moment, ralentir, en métropole, il semblerait que les territoires ultramarins aient été quant à eux relativement épargnés par la maladie. Lors de sa conférence de presse donnée ce dimanche en compagnie d'Olivier Véran et Florence Ader, infectiologue à l'hôpital de la Croix-Rousse de Lyon, Edouard Philippe a rappelé que des mesures y avaient été prises très tôt. 

"Les territoires ultramarins présentent des caractéristiques qui font que leur situation sanitaire est souvent plus fragile que celle qui prévaut dans l'Hexagone", a souligné le Premier ministre. "C'est la raison pour laquelle nous avons pris des mesures, s'agissant des Outre-mer, très tôt par rapport à la vitesse de circulation du virus", a-t-il dit, avec l'objectif de "préserver au maximum les territoires et les départements d'Outre-mer de l'arrivée et du développement du virus".

"Nous avons pris des mesures plus fortes avec des couvre-feux qui ont été imposés, avec des systèmes de quatorzaines, voire de quarantaines qui ont été imposées pour toute personne arrivant sur les îles ou sur le territoire", a insisté le chef du gouvernement. "Nous étions à 171 lits de réanimation sur l'ensemble des territoires d'Outre-mer, avant la crise, nous sommes montés aujourd'hui à 310 lits, l'augmentation est considérable", a-t-il encore précisé. "Nous pouvons dire aujourd'hui avec beaucoup de prudence que cette stratégie est pour l'instant payante" et que "la circulation du virus est faible", a assuré Edouard Philippe.

"Je le dis avec beaucoup de prudence et sans que cela ne doive se traduire par un relâchement des efforts, au contraire, mais l'évolution de l'épidémie semble, compte tenu des mesures qui ont été prises et du bon respect de ces mesures, sous contrôle",  s'est-il réjoui.

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 Que disent les chiffres exactement ? Au 20 avril, voici la situation : 

- Guadeloupe : 148 cas  (dont 8 décès et 73 guérisons) et 43 cas dans les îles du Nord (dont 3 décès et 24 guérisons).

- La Réunion : 408 cas depuis l’apparition du premier cas le 11 mars 2020. 

- Guyane : 97 cas positifs depuis le 4 mars dernier dont 69 guéris et 8 patients hospitalisés parmi lesquels, 2 se trouvent en réanimation. 

- Martinique : 163 cas confirmés dont 7 personnes hospitalisées en réanimation. 

- Saint-Martin et Saint Barthélémy : 43 cas dont deux décès

- Polynésie : 55 cas.

- Nouvelle-Calédonie : 18 cas.

- Saint-Pierre-et-Miquelon : un cas.

Certaines mesures ont donc eu, semble-t-il, un effet, notamment la fermeture des aéroports, la mise en quarantaine des arrivants, le respect du confinement et la recherche des contacts encore active, notamment en Guyane. 

L'exception à Mayotte

Reste un territoire où malgré tout, l'épidémie progresse : Mayotte. Ce 20 avril, on dénombre 271 cas depuis le début de l'épidémie. Parmi eux, 117 sont officiellement guéris, 24 sont hospitalisés dont 5 en réanimation. Depuis le 18 avril, 17 nouveaux cas ont été recensés dont "la majorité de ces derniers cas sont des personnes qui faisaient partie de l’entourage direct de précédents cas confirmés", indique l'ARS.

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"La situation à Mayotte est particulièrement préoccupante : plus de 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, 30 % des habitations n'ont pas l'eau courante et l’offre de soins est limitée", écrivait d'ailleurs le conseil scientifique dans un note spéciale Outre-Mer, le 8 avril dernier, mettant ainsi en balance la jeunesse de la population (un habitant sur deux a moins de 18 ans) et une forte prévalence de l'obésité et du diabète, qui sont des facteurs de risque. 

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