Coronavirus : l'étude Discovery tarde, où en sont les autres recherches ?

Coronavirus : l'étude Discovery tarde, où en sont les autres recherches ?
Santé

RECHERCHE - Pour trouver le bon traitement contre le coronavirus, plus de 250 médicaments sont testés au cœur de 800 essais cliniques à travers le monde. Où en est-on dans cette course de vitesse ?

Les recherches pour un traitement contre le coronavirus se poursuivent. Que sait-on des résultats l'étude très attendue baptisée "Discovery", qui prévoyait d'inclure à travers toute l'Europe 3 200 patients ? Si l'on parle depuis des semaines de hydroxychloroquine, de Remdesivir, de Tocilizumab, ou encore l'injection de plasma sanguin prélevé sur des personnes guéries à des malades... Qu'en est-il des traitements à l'essai ?

D'autres pistes s'offrent aux scientifiques. La piste du Tocilizumab, utilisé pour soigner la polyarthrite rhumatoïde est explorée dans plusieurs hôpitaux français. Résultat ? Ce traitement a réduit "significativement" la proportion de patients ayant dû être transférés en réanimation ou décédés, par rapport à ceux ayant reçu un traitement standard, a indiqué l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), le 27 avril.

"On a l'impression que ça diminue le nombre de passages en réanimations, la mortalité, les formes graves", explique aux caméras de TF1 le Dr Benjamin Rossi, infectiologue au centre Hospitalier Intercommunal Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois. Par rapport à l'étude en cours, ils ont visiblement un signal positif. Il faut attendre d'avoir toutes les évaluations des études.

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Coronavirus : que sait-on sur les recherches de traitements ?

Car tout ne se passe pas forcément comme prévu pour cet essai clinique déclenché en grande pompe fin mars. Aujourd'hui, les participants ne sont pas assez nombreux. En effet, ce sont seulement 750 Français contre les 800 initialement prévus qui prennent part à l'étude, dont un au Luxembourg. "Ceux qui ont un effet auront un effet modeste, estime auprès de TF1 Dominique Costagliola, directrice de recherches à l'INSERM et membre du comité d'organisation Europe de Discovery. Il va s'agir de les combiner, sans doute, pour avoir quelque chose d'efficace."

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La nécessité de poursuivre les recherches

Le 4 mai, le président de la République Emmanuel Macron avait pourtant indiqué que "des résultats" étaient attendus jeudi. Il avait évoqué "une étape importante", tout en reconnaissant que pour l'heure "on n'a rien de concluant". Cette attente déçue n'est pas la première pour Discovery. Lorsque cet ambitieux essai avait été lancé le 22 mars, les premières réponses étaient  espérées en quelques semaines. Puis la Pr Florence Ader, qui le pilote, avait prévenu qu'il faudrait attendre "au moins la fin" avril pour les "premières tendances". Là encore, un rendez-vous manqué.

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Réuni lundi, le comité d'experts qui suit Discovery a jugé qu'il fallait poursuivre l'étude en continuant à inclure de nouveaux patients, faute de résultats probants à ce stade. "Ils nous ont dit qu'il fallait continuer", a indiqué le Pr Yazdan Yazdanpanah, l'un des chercheurs qui chapeautent le projet à l'institut de recherche français Inserm.

Mardi, le comité indépendant qui analyse les données de Solidarity, vaste essai de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui englobe Discovery, est arrivé aux mêmes conclusions, a-t-il ajouté.

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