La France, "pays d'Europe dans la meilleure situation sanitaire" ? Ce n'est plus vrai

La France, "pays d'Europe dans la meilleure situation sanitaire" ? Ce n'est plus vrai

EXEMPLAIRE - Après avoir été un modèle pendant plusieurs semaines, la France ne fait plus partie des pays européens où la situation épidémique est la meilleure, contrairement à ce qu'a affirmé dimanche Jean-François Delfraissy.

Les autorités sanitaires et les responsables politiques n'ont cessé de le répéter. Le comportement de la population et la stratégie sanitaire nationale ont permis de hisser la France au rang des pays européens qui avaient le plus réduit la "pression  épidémique" lors de la deuxième vague. Dernièrement, c'est le président du Conseil scientifique, qui s'en est félicité. Sur BFMTV, Jean-François Delfraissy a assuré dimanche 24 janvier que nous étions "le pays d'Europe dans la meilleure situation sanitaire". C'était vrai pendant de longues semaines … Ça ne l'est malheureusement plus depuis quelques jours.

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Une situation qui s'est dégradée

Pour visualiser la situation française au sein de l'Union européenne, rien de mieux que de prendre le taux d'incidence calculé par Our Word in Data. Ce site, une référence en matière de suivi de l'épidémie à travers le monde, comptabilise le nombre de nouveaux cas quotidiens par million d'habitants sur les sept derniers jours. À noter qu'en France, les autorités prennent en compte un taux légèrement différent, calculé sur une semaine, non glissante, et pour 100.000 habitants. 

Les dernières données récoltées par les chercheurs de cette équipe de l'Université d'Oxford vont à l'encontre du message de Jean-François Delfraissy. Comme on peut l'observer sur le graphique ci-dessous, le 22 janvier, la France est passée, pour la première fois depuis le 21 novembre, derrière la moyenne européenne. Après deux mois d'exemplarité, ce taux a atteint les 354 cas par million d'habitants sur les sept derniers jours, contre 307 pour le reste du continent.

Dans la suite de son argumentaire, Jean-François Delfraissy a tenu à préciser sa pensée. Il a expliqué se comparer aux "grands" États européens, à savoir "le Royaume-Uni, l'Allemagne, la Suisse, le Danemark ou l'Espagne". Même en prenant cette liste non-exhaustive, cette affirmation n'est pas tout à fait vraie. Toujours selon le même outil, depuis le 9 janvier, l'Allemagne, la Suisse et le Danemark font mieux que la France en termes de taux d'incidence (nombre de cas pour 1.000.000 habitants). Il pourrait cependant exister un biais d'interprétation dans cette analyse : la France teste plus que la majorité de ses voisins. Le pays est en effet le troisième plus gros pays en matière de dépistage, juste derrière le Danemark et le Royaume-Uni.

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En regardant plutôt le taux de positivité des tests (nombre de tests positifs par rapport total au nombre de tests), le pays apparaît effectivement à nouveau comme un bon élève. L'Hexagone n'est devancé que par le Danemark, qui a une stratégie particulièrement offensive depuis le début du mois. À noter toutefois que dans cette dernière courbe, la ligne française est sur le point  de croiser la britannique. Et pourrait bientôt la devancer. 

Et c'est finalement là que réside toute l'importance de ce suivi épidémique. Si, pendant de longues semaines, la France a effectivement été un bon élève "avec des chiffres qui n'ont pas tellement évolué depuis un mois", comme l'a souligné Jean-François Delfraissy, cette réalité est en train de changer. Tandis que nos voisins ont des courbes décroissantes, phénomène particulièrement notable en Suisse ou en Allemagne, la nôtre amorce une ascension. Une observation inquiétante qui va dans le sens de l'analyse faite par le chef du Conseil scientifique dimanche. L'infectiologue notait que malgré notre "situation relativement stable", si le pays continue dans cette lancée, les choses finiront pas se dégrader. "Sans rien faire de plus, nous allons nous retrouver dans une situation extrêmement difficile, comme les autres pays", a-t-il prévenu. Une mise en garde que semble avoir entendue le gouvernement. Le Premier ministre a fait savoir ce lundi que des décisions allaient être prises "cette semaine" face à des indicateurs "inquiétants".

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