La France votera bien contre le prolongement du glyphosate

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PESTICIDES - La France votera contre le prolongement de l'autorisation par l'Union européenne du glyphosate pendant dix ans, a déclaré jeudi le ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert.

Un comité européen discute ce jeudi de la prolongation de l’autorisation du glyphosate en Europe. Un vote, initialement prévu, a finalement été annulé sous la pression du débat que suscite une des substances actives du Roundup de Monsanto. Selon le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, pas de doute : la France votera contre le prolongement de l'autorisation par l'Union européenne du glyphosate pendant dix ans. 


Le glyphosate, herbicide le plus utilisé dans le monde, est jugé dangereux par les défenseurs de l'environnement et par le ministre français de la Transition écologique, Nicolas Hulot, mais les agriculteurs veulent pouvoir continuer à s'en servir. 


Ledit herbicide est actuellement au coeur de tous les scandales, qu'il s'agisse de la plainte d'un couple contre Monsanto ou des "Monsanto Papers" montrant comment la puissante firme américaine a fait paraître des articles coécrits par ses employés et signés par des scientifiques pour contrer les informations dénonçant la toxicité du glyphosate.

La France votera contre le renouvellement à dix ans du glyphosateStéphane Travert

Pour être validée, la proposition de la Commission européenne doit recueillir le soutien de 16 des 28 Etats membres, représentant au moins 65% de la population de l'UE. Pour autant, il n'est pas question d'interdire immédiatement l'utilisation de ce produit en France. 


"Le Premier ministre m'a chargé, avec mon collègue (...) Nicolas Hulot, de trouver les moyens d'établir un calendrier de sortie de ce produit, le calendrier le plus rapide mais qui devra trouver la bonne trajectoire pour permettre la transition nécessaire, notamment dans les professions agricoles", a déclaré Stéphane Travert sur France 2.

Aucune pression des lobbies

Cette trajectoire doit permettre aux agriculteurs de diminuer progressivement l'utilisation de cet herbicide, a fait valoir le ministre de l'Agriculture. C'est la durée de cette transition que le gouvernement français doit encore trancher.
  

"Si on reporte à dix ans et que pendant dix ans on ne fait rien, dans dix ans on sera exactement au même niveau qu'aujourd'hui. Donc, nous devons (...) donner les moyens à la recherche de trouver des produits de substitution", a expliqué le ministre.
  

Stéphane Travert a assuré qu'il n'avait pas reçu le lobby très actif des fabricants de pesticides et d'herbicides, dont Monsanto, qui s'efforce depuis des années de contrer les études scientifiques selon lesquelles le glyphosate est cancérogène.

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