La junk food peut endommager le cerveau des ados

La junk food peut endommager le cerveau des ados

ALIMENTATION – La junk-food, on ne va pas se mentir, on sait que sur le plan santé c'est très mauvais. Mais des chercheurs viennent de soulever une nouvelle théorie. Pour eux, cette nourriture très riche en graisses saturées nuirait au bon fonctionnement du cerveau, surtout chez les jeunes.

Hamburgers, pizzas, sodas... ce sont souvent les mets préférés des ados mais il semblerait qu'ils soient à déconseiller à bien des égards. Si l'on sait déjà depuis longtemps que la junk-food est très mauvaise pour la ligne et qu'elle a tendance à favoriser l'apparition du diabète et de trouble cardio-vasculaires, une nouvelle étude pointe du doigt ses effets délétères sur le cerveau et notamment celui des plus jeunes.

Ainsi des chercheurs français, de  l'unité NutriNeuro de Bordeaux de l'INRA ont tenté de comprendre l'influence qu'une trop grande consommation de malbouffe pouvait avoir sur le cerveau et leurs conclusions sont sans appel. Une nourriture chargée de sucre et de graisses saturées modifie le cerveau et favorise sensiblement son dysfonctionnement, surtout chez les plus jeunes.

La mémoire est comme déréglée

Pour comprendre le mécanisme d'une possible altération cérébrale par la junk-food les scientifiques ont observé des rats qu'ils ont délibérément gavé de nourriture dite "obésogène". Ils les ont ensuite soumis à des tests cognitifs qui ont donné des résultats très intéressants. Soumis à cette diète, les cobayes ont montré des difficultés à mémoriser des lieux et des itinéraires.

EN SAVOIR + >> Que se passe-t-il dans votre corps une heure après avoir mangé un big mac

"Les rats soumis à ce régime réussissent à apprendre les tâches assez normalement. Le problème est que la consolidation de leur mémoire est déficiente. Ils ne retiennent pas bien", explique Guillaume Ferreira, chercheur au Laboratoire NutriNeuro.

L'explication, selon l'étude scientifique, serait que ces dysfonctionnements viendraient d'une inflammation de l'hippocampe occasionnée par le régime. Or l'hippocampe est par définition la zone du cerveau qui gère tout ce qui est relatif à notre mémoire dite épisodique. Autre facteur préoccupant, la mémoire dite "émotionnelle" des sujets semblait elle aussi déréglée. Chargée de retenir des émotions, parmi lesquelles la peur et le dégoût, elle s'est trouvée exacerbée par le fort apport de graisse et de sucre. Or ce phénomène peut entraîner un comportement mal adapté, "plus rigide, moins apte à la découverte et à l’exploration" selon les chercheurs. 

Le cerveau pas tout à fait mature

Si les animaux adultes ont présenté des lésions lors de l'expérience, ce sont les rats juvéniles qui se sont montrés le plus sensibles à ces changements opérés par leur régime alimentaire. Il convient de penser que leur cerveau n'étant pas tout à fait arrivé à la fin de son processus de maturation, les altérations ont pu être plus importants chez ces sujets.

Mais attention, là encore, il ne s'agit pas de bannir la junk-food de l'alimentation de votre ado. Un hamburger ne provoquera pas d'altération neurologique. C'est comme toujours une question de durée d'exposition au facteur néfaste qui est à prendre ne compte. Même s'il aime la junk-food, votre ado, comme le reste de la famille doit manger équilibré sur le long terme. La sortie au fast-food n'est donc pas à bannir mais à réserver pour des occasions spéciales.  

À LIRE AUSSI
>> MDMA : pourquoi la consommation explose chez les ados ? >> Trop de télé nuit à votre cerveau >> Il y a de la matière fécale dans la quasi-totalité des hamburgers

Sur le même sujet

Lire et commenter

LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies. > En savoir plus.