La manière dont le cerveau agit sur la perception de la douleur décrite par des chercheurs

Santé

SANTÉ - Quel est le rôle du cerveau dans la perception de la douleur ? Une étude américaine souligne que l’intensité de la douleur ressentie varie selon les situations et l'environnement, et peut même être largement inhibée.

Comment le cerveau peut-il influer sur l’intensité d’une brûlure ou d'une blessure ? Une étude américaine publiée mardi dans la revue Cell Reports a cherché à analyser le rôle du cerveau dans la perception de la douleur. Pour ce faire, les chercheurs ont effectué leurs travaux sur des souris, et ont conclu que l’amygdale centrale, une structure cérébrale située au cœur du cerveau, est responsable des différences de perception de la douleur.

Cette zone est un élément du cerveau qui permet de réagir au stress ou à l’anxiété, mais aussi de focaliser l’attention sur une tâche en particulier. Lorsque vous êtes stressé ou anxieux, l’activité des neurones dans l’amygdale centrale augmente la sensation de douleur. A contrario, lorsque votre attention est détournée sur une tâche précise, l’activité des neurones dans cette zone réduit la perception de la douleur. Selon les situations et l'environnement qui vous entoure, vous ne ressentez donc pas de la même manière une douleur.

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Ne pas sentir la douleur est dangereux

Outre son aspect dérangeant, la douleur est avant tout un signal envoyé par le corps. Elle permet d’alerter, comme pour une crise cardiaque ou d’appendicite. Ne pas la ressentir présente donc des risques. Par exemple, les personnes qui naissent avec une insensibilité à la douleur ne réalisent souvent pas la gravité des blessures qu’elles subissent, et sont par conséquent en plus grand danger de mourir. Alors faut-il vraiment chercher à atténuer les douleurs dites "utiles", celles qui envoient des signaux d'alerte à la personne ?

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En s’efforçant de mieux comprendre les mécanismes cérébraux responsables de la modulation de la douleur, les chercheurs espèrent découvrir des traitements qui viseraient uniquement les formes de douleur qui sont dites "mauvaises" et inutiles, et non celles qui envoient des signaux d’alerte. "La réaction saine, c’est que lorsque vous ressentez une douleur qui vous signifie que quelque chose ne va pas, vous êtes soigné et la douleur s’en va", explique Yarimar Carasquillo, principale auteure de l’étude.

"Dans le cas de la douleur chronique, cela ne se produit pas, le système est bloqué. Si nous pouvons identifier ce qui bloque le système, nous pouvons inverser le phénomène", continue la chercheuse. De quoi donner de l'espoir dans le combat contre les formes de douleurs "inutiles"...

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