La prise en charge des cancers des enfants dégradée par la pandémie

La prise en charge des cancers des enfants dégradée par la pandémie

CRISE SANITAIRE - Selon une étude parue jeudi 4 mars, l'épidémie du Covid-19 a eu des conséquences négatives sur les soins apportés aux plus jeunes atteints d'un cancer. En particulier dans les pays les moins riches.

C'était l'une des conséquences redoutées de la crise sanitaire. La pandémie a endommagé les soins destinés aux cancers de l'enfant dans le monde entier. "Nos résultats suggèrent que la pandémie de Covid-19 a eu un impact plus important sur les soins des cancers pédiatriques au niveau mondial que ce que les études focalisées sur une seule région laissaient supposer", a commenté Daniel Moreira, l'un des auteurs de cette étude publiée par la revue The Lancet Child and Adolescent Health. Les centres hospitaliers situés dans les pays à faible et moyen revenu sont particulièrement touchés par cet impact négatif.

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 Au total, 311 professionnels de santé travaillant dans 213 établissements répartis dans 79 pays ont été interrogés. À noter que la plupart des hôpitaux sont situés dans des pays à faible et moyen revenu. Selon l'étude, plus de trois-quarts (78%) des hôpitaux interrogés entre juin et août 2020 ont assuré que la prise en charge des cancers pédiatriques avait été affectée par la pandémie qui "a créé des barrières tout au long du processus de soins." L'une des raisons ? "Ces établissements sont moins susceptibles d'avoir des réserves de fournitures excédentaires, et les restrictions aux frontières pendant la pandémie ont affecté les chaînes d'approvisionnement et ont encore réduit l'accès aux médicaments", indique l'étude.

Hausse des abandons de traitement, fermeture de certaines unités

Les conséquences de l'épidémie se ressentent à plusieurs niveaux. 43% des établissements pris en compte ont réalisé moins de diagnostics de nouveaux cancers qu'attendu. En d'autres termes, cela laisse supposer que des maladies n'ont pas été identifiées par le personnel médical. En plus de cela, un tiers des hôpitaux interrogés (34%) ont noté une augmentation du nombre de patients qui ont abandonné leur traitement. L'enquête a en outre montré que 7% de ces hôpitaux, essentiellement dans les pays pauvres, avaient totalement fermé leur service de cancers pédiatriques à un moment ou un autre, avec une durée moyenne de fermeture de dix jours.

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Si de nombreuses études ont montré que la pandémie de Covid avait nui à la prise en charge d'une multitude de maladies dans le monde, cette enquête souligne aussi les qualités d'adaptation des hôpitaux. Comment ? Ils ont mis sur pied de nouvelles procédures pour les services jugés essentiels, ou pour la communication avec les patients et leur famille. "Nous avons montré que nous étions une communauté résiliente et que nous pouvions utiliser à l'avenir certaines adaptations imposées par la pandémie", a assuré la Pr Laila Hessissen, de l'Université Mohammed V de Rabat au Maroc, citée dans un communiqué de The Lancet.

L'étude souligne que ces adaptations pourraient "persister au-delà de la pandémie, entraînant des améliorations durables dans la prise en charge du cancer chez l'enfant." Ces informations devraient être utilisées pour planifier les futures urgences sanitaires.

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